Édit. Cousin, t. VIII, p. G
Tanimal tout entier. C'est un point sur lequel Descartes n'a jamais hésité. Il a pu se servir quelquefois du mot de vie, comme pour voiler et adoucir un peu ce qu'il y a d'étrange dans sa doctrine ; mais, par vie, il n'entend jamais, comme il a soin de l'expliquer lui-même, que la chaleur du cœur, ou la figure et le mouvement des parties, c'est-à-dire quelque chose de purement mécanique. C'est donc bien à tort que M. FJourens a cru découvrir, dans une lettre à Morus un passage qui convaincrait d'erreur ceux qui, comme nous, prennent à la lettre le mécanisme et l'automatisme de Descartes. Descartes dit bien, il est vrai, dans ce passage : « il faut pourtant remarquer que je parle de la pensée, non de la vie et du sentiment, car je n'ôte la vie à aucun animal... Je ne leur refuse pas môme le sentiment, autant qu'il dépend des organes du corps ; ainsi mon opinion n'est pas si cruelle aux animaux. » Mais il ajoute, ce que ne cite pas M. Flourens, que cette vie qu'il attribue aux animaux, « est un principe tout à fait mécanique et corporel, qui ne dépend que de la seule force des esprits animaux et de la configuration des parties, et que l'on pourrait appeler âme corporelle. »
Ce mot d'âme corporelle a fait illusion à M. Foucher de Careil, comme lé mot de vie à M. Flourens 2.