‹ Le printemps d'un proscritChapitre 25 sur 32 · DE SEPT-FONTS. V · texte numérisé non relu

DE SEPT-FONTS. V

pire , je ne sais quelle douce tristesse , qui remplit l'aine et la ramène aux pensées religieuses. Le ciel de Sept-Fonts n'est point riant ; mais on se plaît à sonçer que là , aussi , se sont écoulés des jours purs et sereins. On aime à se rappeler que des hommes vertueux ont habité ce coin de terre, et que leurs longs travaux l'ont rendu fertile. Ils ont planté ces arbres qui ombragent la plaine; ils ont défriché ces campagnes qui sont couvertes de moissons ; par eux , les marais sont devenus des prairies , et la vigne a remplacé , sur le penchant des collines , l'aride bruyère.

C'est ainsi que les moines, qu'on regardait comme des hommes inutiles , cherchaient partout les lieux incultes , les rochers déserts, qu'ils y fixaient leur demeure, et qu'ils montraient aux hommes ce que peuvent le travail , l'économie et la patience. On a dit de Louis XIY que, lorsqu'il voulut se bâtir un palais digne de lui , il choisit Versailles , afin d'avoir tout à créer , et de faire éclater sa puissance. Qui croirait que de simples et pauvres religieux peuvent en quelque sorte être comparés à ce grand roi ! C'est dans les lieux abandonnés par les autres hommes qu'ils bâtissaient leurs cellules ; ils semblaient chercher des obstacles pour les vaincre , des terres stériles pour les rendre fécondes ; partout ils ont montré le pouvoir de l'homme, et la plupart des lieux qu'ils ont habités, seraient encore des marais pestilentiels, des forêts inaccessibles, si leur piété ne les y eut pas conduits.

Chaque jour , au sortir de la prière , les religieux de Sept-Fonts se répandaient dans les campagnes voisines ; tantôt, ils opposaient une digue à un torrent ; tantôt , ils en-

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