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époques de sa vie par des chagrins el des malheurs.
Ce ne fut pas en effet une seule persécution qui dicta les douces plaintes et les indignations généreuses dont ce poëme est rempli. Depuis le jour où s'était engagée la lutte inégale de l'ordre public contre le crime aidé de la folie, M. Michaud, invariable dans son attachement pour la monarchie , avait mérité la colère de tous ces pouvoirs, improvisés par le triomphe des partis, et que la révolution enfantait pour les détruire. Tantôt prisonnier , tantôt fugitif, tantôt déporté , condamné à mort, exécuté en effigie , ce sont les diverses émotions du passé qui se sont renouvelées dans Famé du poëte durant ce premier loisir qu'il devait encore à la proscription.
Et pourtant, M. IMichaud n'a pas épuisé dans ses vers tous les souvenirs de cette existence employée à combattre et à souffrii\ Il est deux circonstances surtout que nous avons recueillies dans ses entretiens, et dont il nous suffii'a d'indiquer le singulier rapprochement avec un événement voisin. Dans une de ces captivités qui forment les accidens de sa vie, M. Michaud eut pour prison le palais de l'Institut,
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où plus tard il devait , au sein de rAcadémie IVançaise, remplir un nouveau devoir, et se voir atteint par une nouvelle rigueur ; une autre fois , traduit devant le tribunal criminel pour avoir provoqué le retour de la royauté, il fut défendu avec une heureuse énergie par M. Lacretelle le jeune, dont le nom se retrouve , trente ans après , à côté du sien dans lexpiation dune conduite honorable.
C'est par de semblables titres que M. Michaud aime à voir recommander ses ouvrages, et il a fallu peut-être encore l'encouragement d'une disgrâce pour le décider à rappeler l'attention du public sur cette production de sa jeunesse qui retrace , à trente ans d'intervalle , la même constance et d'autres persécutions. Le triomphe de la cause pour laquelle il avait tant combattu et tant souffert n'a pas été pour M. Michaud la fin de ses épreuves et le repos de sa fidélité. Persuadé que dire la vérité à son Roi est encore un moyen de le servir , il a joint son vote respectueux aux alarmes de la littérature menacée, et le ministère de la monarchie a trouvé des rigueurs pour le proscrit de la Terreur et du Directoire.