‹ Le printemps d'un proscritChapitre 8 sur 32 · PREMIERE NOTE · texte numérisé non relu

PREMIERE NOTE

Sous ce toit ignoré qu'a respecté la guen'e , En butte aux wups du sort, sans appui sur la terre. Quand sur moi la fortune épuisait ses rigueurs , J'ai tiouvé des amis, un asile et des pleurs.

A la suite de ces vers se trouvait un tableau des proscriptions du 18 fructidor; mais, d'après les justes observations qui m'ont été faites, je l'ai supprimé dans le Poënie. Je crois pouvoir le rappeler dans les notes.

O jours de fructidor! à quel affixux génie, Hélas! laissàtes-vous la patrie assenie.^ Sous l'ardent équaleur, l'Océan étonné Voit du peuple français le sénat enchaîné; Et la terreur au loin invoquant les abîmes , A la mer dévorante a livré ses victimes.

La Guiane reçoit au fond de ses déserts

Ce héros que l'intrij^ue a fait charger de fers;

Et la patrie en deuil, sous la zone brûlante,

Suit, d'un œil inquiet, sa destinée errante :

Loin des bords si souvent témoins de ses exploits ,

Loin des murs que son bras défendit tant de fois.

Au fond des cœurs fi-ançais proscrivant sa mémoire.

Nos tyrans ont voulu l'exuer de sa gloire.

Du sauvage Indien il vit couler les pleurs;

Et son nom toujours grand, toujours cher à nos cœurs.

Triompha des bourreaux, du sort et de l'envie.

De nos grands orateurs je n'eus point le génie.

Dans les champs de l'honneur je n'ai point combattu ;

Mais si j'ai quelquefois souffert pour la vertu.

Et si ma voix, des dieux implorant la justice,

A fait pâlir le crime, et fait rougir le vice;

Si j'ai suivi de loin ces martyrs généreux;

Si j'ai chéri leurs lois, j'ai dû souffrir comme eux.

Le démon des partis, parmi leurs noms célèbres,

Avait gravé mon nom sur ses tables funèbres ;

Mais, tiompant des bouireaux l'implacable fureur.

J'ai caché dans les champs ma vie et ma douleur.

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