PREMIERE NOTE
Sous ce toit ignoré qu'a respecté la guen'e , En butte aux wups du sort, sans appui sur la terre. Quand sur moi la fortune épuisait ses rigueurs , J'ai tiouvé des amis, un asile et des pleurs.
A la suite de ces vers se trouvait un tableau des proscriptions du 18 fructidor; mais, d'après les justes observations qui m'ont été faites, je l'ai supprimé dans le Poënie. Je crois pouvoir le rappeler dans les notes.
O jours de fructidor! à quel affixux génie, Hélas! laissàtes-vous la patrie assenie.^ Sous l'ardent équaleur, l'Océan étonné Voit du peuple français le sénat enchaîné; Et la terreur au loin invoquant les abîmes , A la mer dévorante a livré ses victimes.
La Guiane reçoit au fond de ses déserts
Ce héros que l'intrij^ue a fait charger de fers;
Et la patrie en deuil, sous la zone brûlante,
Suit, d'un œil inquiet, sa destinée errante :
Loin des bords si souvent témoins de ses exploits ,
Loin des murs que son bras défendit tant de fois.
Au fond des cœurs fi-ançais proscrivant sa mémoire.
Nos tyrans ont voulu l'exuer de sa gloire.
Du sauvage Indien il vit couler les pleurs;
Et son nom toujours grand, toujours cher à nos cœurs.
Triompha des bourreaux, du sort et de l'envie.
De nos grands orateurs je n'eus point le génie.
Dans les champs de l'honneur je n'ai point combattu ;
Mais si j'ai quelquefois souffert pour la vertu.
Et si ma voix, des dieux implorant la justice,
A fait pâlir le crime, et fait rougir le vice;
Si j'ai suivi de loin ces martyrs généreux;
Si j'ai chéri leurs lois, j'ai dû souffrir comme eux.
Le démon des partis, parmi leurs noms célèbres,
Avait gravé mon nom sur ses tables funèbres ;
Mais, tiompant des bouireaux l'implacable fureur.
J'ai caché dans les champs ma vie et ma douleur.