RONDEAU
Ne grandis pas trop vite, ô ma chère mignonne, Laisse mon cœur ravi, dans ton œil qui rayonne, Contempler à loisir mon radieux présent : Si pur est le bonheur que mon âme ressent A voir comme un éclair ton vol qui papillonne.
Avant de savourer les fruits mûrs de l'automne, Le regard couve, épris, la tige qui boutonne ; On aspire des rieurs le souffle séduisant : Ne grandis pas trop vite.
Tu ne t'aperçois point que ma barbe grisonne, Ta lèvre sur mon front sourit en m'embrassant. Quand Dieu t'aura donné la beauté pour couronne, Tu m'oublieras peut-être, et tandis qu'à présent Tu te montres pour moi toujours aimante et bonne : Ne grandis pas trop vite.