‹ Le printempsChapitre 11 sur 14 · SOLLICITUDE · texte numérisé non relu

SOLLICITUDE

Quand par les ans courbé, vers la terre il se penche, L'arbre est fier de montrer la fleur qui de sa branche Est le riche ornement.

Le printemps à l'hiver offre son frais mirage : L'âge mûr et l'enfance aussi font bon ménage. Et s'aiment tendrement.

28 Œuvres poétiques

Tes adieux ont jeté le trouble dans mon âme, Chérubin aux yeux bleus, que j'appelle et réclame

Comme un dernier plaisir.

Sur mon cœur ton absence enroule un crêpe sombre, Le bonheur fugitif pour moi devient une ombre

Impossible à saisir.

Tu laisses en partant le deuil dans ma demeure, L'espoir de te revoir est le seul qui me leurre

Et me tient en éveil.

Un nuage a couvert d'impénétrables voiles Mon horizon borné. Mes nuits sont sans étoiles

Et mes jours sans soleil.

Pour t'écouter chanter, j'ouvre en vain ma fenêtre ; L'un à l'autre l'exil nous dérobe peut-être

Pour de longs mois encor.

Que vais-je devenir dans cette solitude Où sans cesse j'avais contracté l'habitude

De suivre ton essor? .

du Mis Eugène de Lonlay 29

Ne sachant plus que faire, ici, de mes journées, Je m'isole et je prends les routes détournées,

En proie à mon émoi.

Au moindre bruit, je prête une oreille attentive, Croyant, dans mon erreur et ma foi trop naïve.

Que tu reviens vers moi .

Que me fait la fraîcheur de la campagne verte Si je ne puis ^entendre, ô ma fillette alerte,

Voltiger sur mes pas ?

Peu m'importe la rive au printemps émaillée, La source dans les bois qui court ensoleillée.

Si tu ne les vois pas.

Tu n'as point de défauts, c'est justice à te rendre ; Aussi, comme envers moi tu te montres fort tendre,

Pour toi seule je vis.

Afin que ta santé jamais ne se dérange De ma sollicitude écoute et suis, mon ange,

Les bienveillants avis.

3o Œuvres poétiques

Neva point dans les prés où l'épaisse rosée, Sur le svelte brin d'herbe au soleil exposée,

Semble lancer l'éclair.

Si le froid te saisit, recouvre-toi bien vite ; Après avoir couru, ma frêle enfant, évite

De t' exposer à l'air.

Souviens-toi que je t'aime encor plus que ma vie, Et que le seul bonheur digne de mon envie

Sera de te revoir.

Pour que Dieu mette un terme à mes peines dernières, Mêle pieusement mon nom à tes prières, Le matin et le soir.

Dors en songeant à moi, ne vois que moi sans cesse, Amasse dans ton cœur des trésors de tendresse

Et dont je suis charmé.

Presse, si tu le peux, ton retour que j'espère, Et reviens te jeter dans les bras de ton père,

Trop longtemps alarmé,

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