L'IMPROVISATEUR
SONNET
Je suis le gai chanteur que le printemps éveille, Qui respire la joie, et d'un pas diligent Longe les clairs ruisseaux dont le miroir changeant. S'allume aux premiers feux de l'aurore vermeille.
Plus joyeux qu'un pinson et vif comme l'abeille, Près de la haie en fleur, je voltige en songeant Et poursuis jusqu'au ciel la lune au front d'argent, Aussitôt que le jour sur la terre sommeille.
J'admire la nature et toutes ses splendeurs Dont l'Éternel se plaît à m'écarter les voiles ; Je souris au soleil, et soupire aux étoiles.
Puis, quand je sens mes yeux inondés de lueurs Encore sous l'empire attrayant de mon rêve, Je cours où l'arc-en-cielavec l'aube se lève.
i o Œuvres poétiques