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Ces simples mots écnU en lettres rouges sur un fond noir portaient dans leurs fianes une révolution , mais une révolution comme les modernes et les impotents les aiment , une révolution pacifique. Elle devait, elle aussi , et c'est tropjuste, avoir ses déceptions et ses mensonges; le marchand de nouveautés, en même temps qu'il embrassait à lui seul les spécialités innombrables comprises entre la cotonnade et le cachemire, entre le calicot et la robe de velours, rédui.sait ou plulrM nivelai! , par le mode de vente h prix fixe, ses bénéfices fi trente pour cent eiuiron. Le public n'avait-il pas raison d'applaudir?
Voulez-vous maintenant un peu de tout : le marchand de nouveautés en tient; inventez. si cela vous plaît, de nouveaux articles, il en tiendra. Car, si l'intelligence et le génie ont des bornes , le marchand de nouveautés n'en a pas : c'est dans son privilège et dans •fon bail.
jadis le marchand de nouveautés s'établissait avec ses propres capitaux , étayé du con- .sentement et de l'appui de sa famille. Alors, l'industrie mal émancipée procédait encore de père en fils ; les actionnaires ne vous dispensaient pas d'avoir des alliés ou des parents; heureusement l'industrie a subi les mêmes phases que le genre humain: de l'état sauvage elle a passé à l'état de famille, de celui-ci à l'état de société (sans calembourg). Aujourd'hui le négociant ne prend conseil et ne relève que de son audace , de ses forces et de son crédit; toutefois un bon héritage , un mariage d'argent, un banquier bienveillant... Un peu d'aide fait toujours grand bien.
Le marchand de nouveautés , en prenant ce titre, s'engageait implicitement à rompre avec de nombreuses traditions! Adieu la boutique aux solives norcies, adieu la rusticité du comptoir, le vert-pomme de la devanture aux carreaux de huit pouces de hauteur; adieu la naïveté de l'enseigne ; la naïveté n'est plus restée à la porte, elle n'est pas entrée non plus dans le magasin. «Ort est-elle? — Hélas! presque toujours chez le pauvre chaland.» — L'industrie et le luxe ont dit au marchand de nouveautés :« Tu l'as voulu , eh bien ! maintenant , marche , marche , tu iras jusqu'au gaz , jusqu'aux glaces , jusqu'aux lambris dorés , tu vendras des étoffes à ) 2 sous l'aune sur des comptoirs d'acajou, et des tablettes fixées par des clous à tête d'or supporteront le drap des pauvres. Marche , marche , la crédulité des consommateurs est grande encore, et tes profits ne diminueront pas de sitôt; marche, marche, tu as pa.ssé de la boutique au magasin; vois donc, il te reste quelque chose à faire; le simple coiffeur t'a devancé; regarde, il en est déjà au salon. f>
Le luxe des enseignes a précédé celui du magasin lui-même; les en.seignes du marchand de nouveautés ont formé autrefois comme une autre exposition des beaux-arts. Le succès de Marie Stuart a précédé en l'égalant d'avance celui de /«ne Grey; la Fille mal gardée a eu le bonheur d'une œuvre de Greuze; et les Deux magots ont distrait les flâneurs bien avant les Gendarmes de M. Biard. Celait alors, on peut le dire, le temps des magasins illustrés, comme c'est aujourd'hui celui des éditions. Heureux temps ! od l'on faisait sa réputation et sa fortune à peindre pour les boutiques !
Presque toujours le magasin de nouveautés est organi.sé et distribué suivant certaines règles invariables. Chaque division de l'établissement s'appelle rayon.
Les des.servanis des rayonsde la soierie s'appellent les soyeux ; les montreurs de ehàles se nomment cliàliers ; les préposés ;\ l'indienne sont les indiens. — Les frais de certaines mai.sonsde nouveautés s'élèvent à plus de fin, 000 francs par an !
Combien il faut que Dieu bénisse le travail des marchands de nouveautés! Leurs fonds
de boutique sont en hausse aujourd'hui. Le bail , la clientèle s'achètent par centaines de mille francs. Malgré celte énorme tentation , le marchand de nouveautés ne se retire du commerce que le jour précis où sa femme le veut absolument , parce que son fils l'exige. — Le fils exerce d'ordinaire la profession de dandy, à moins que les foulards et la révolution de juillet ne lui aient donné l'ambition de remplir une mission diplomatique dans les Indes. Pourquoi pas? 11 est assez juste d'observer que le fils du patron dépense, en folle vie , tous les suppléments de bénéfices que font gagner les vingt ou trente commis de l'établissement paternel. Vous êtes parfaitement libre d'appeler cela une compensation . si vous l'osez.
Le marchand de nouveautés se fait honneur de compter parmi les gardes nationaux les plus propres, les plus exacts. On le dislingue à la parfaite blancheur de son pantalon et de ses guêtres en été; l'hiver, au lustre de son drap et à l'ampleur de sa capote. Dans le commerce il passe pour avoir été décoré comme soldat; dans les rangs on dit qu'il a obtenu la croix à titre de grand industriel.
On a vu le marchand de nouveautés aspirer à la députation et y parvenir ; le marchand était alors un ardent promoteur de lois politiques; il s'entendait très-bien à ajourner les lois d'intérêt et de commerce à l'année suivante.
Comme juré, il est inexorable pour le vol, plus facile en matière de viol et d'assassinat, et grand pourvoyeur de circonstancs atténuantes. De 1831 à 1835 il a condamné plusieurs journaux. II a seulement montré quelque indulgence pour le Charivari. Quand on lui en demande la raison , il répond que c'est par reconnaissance. Il a tant gagné d'argent autrefois avec la lithographie appliquée aux mouchoirs de poche que, partout où il rencontre de la lithographie , il s'attendrit encr.re.
Excellent homme ! P. Beiix.vrd.
ALUUM DES FRANÇAIS.
LE VIGISERON.
Noè, vir agnciilii ,. plaul.iMl viiii>am \Lu Genéxe.]
Quand des corbeillis de rautoniiu- S'épanche à flots un doux neclar, Pits de la cuve qui bouillonne f)n voit s'égayer le vieillard.
(BÉRAWER.)
LLONs, en roule! loin , loin. De l'air pur, de vrais champs, de vraies vignes , des sabols , et de la terre par-dessus les sabots ! En Champagne ! en Bourgogne ! dans tous les pays où le soleil fait mûrir la grappe , où le pressoir fait ruisseler le vin ! Ce n'est plus cette fois la verdure étiolée , les fleurs blanchies de plâtre, les parodies champêtres dont la banlieue borde Paris : c'est de la belle et bonne campagne, en pleine province, à soixante, quatre-vingts lieues de la capitale, avec des mœurs et des habitudes toutes différentes , et au milieu de bonnes gens, paysans simples, ouverts et pleins de franchise , et qui la plupart n'ont, de leur vivant, quitté leur village que pour aller au marché de la ville voisine.
Laissez un peu de côté les douceurs de votre vie molle, nous avons là-bas une vie active à mener; oubliez les gant^ glacés , les parfums pour les cheveux: nous n'avons à presser que des mains calleuses, et ce sont de gras bonnets de laine qui nous salueront; revêlez, pour mieux faire, le pantalon de toile, la blouse au tissu rugueux, et surtout dites adieu à vos longs sommeils du matin, car nous allons suivre nos vignerons, et nos vignerons se lèvent l'hiver avant le brouillard, l'été avant la rosée. Nous n'allons pas seulement faire une promenade près d'eux, les examiner un jour en passant; mais nous allons nous y installer, y prendre nos coudées franches, aiguiser comme eux la pioche et la serpette; nous allons tailler la vigne et vendanger.
Jetons, si cela vous est agréable, un coup d'œil sur l'habitation tout agreste de ces braves gens : un rez-de-chaussée, et au-dessus du rez-de-chaussée un grenier; au pied de la porte quelques larges pierres inégalement ta.ssées , et qui servent de dalles et d'escaliers ; au-dessus de la cabane , un toit , quelquefois en tuiles , mais que le temps a mordu et déchiré à belles di'uts; au devant, une cour, que remplissent souvent un fumier et sa mare mal odorante; un puits , avec sa margelle usée et .son poteau à bascule ; tout près , un four; à côté, le pressoir; qu(l(|ues pas plus loin , l'élable où reuirent ;\ la nuit des vachrs et des porcs. Maintenant faites seipeiiler de vigiiureux pieds de vigne jusqu'au haut de ces murs lézardés el grisàlrcs; laissez .se moiilrer, pai- l'unique fenêtre de
la farade borgne , le bout de quelques bardes séchant au soleil ; jetez à tous les coins bêche, pioche . biouette , instruments et ustensiles d'utilité ; faites barboter deux ou trois canards et autant d'enfants dans un baquet d'eau trouble, et vous aurez à peu près le premier plan de votre tableau. Ensuite , pour compléter le point de vue. regardez plus loin , par delà ces cailloux superposés sans ciment , et que nos paysans appellent un mur ; voyez le val se dérouler comme une longue robe semée de vignes , laissant comme des plis mille ondulations , mille courbures dans son terrain . et gagnant même le pied des montagnes qui l'encaissent. Le soleil dore un côté de cet immense bassin vignoble, les montagnes ombragent l'autre côté, et une ligne de lumière, se jouant sur les dentelures lointaines, vient terminer richement notre horizon. — Que dites-vous du paysage ? Si vous êtes artiste , vite un croquis sur votre album , et demi-tour ; faites claquer sous votre pouce ce loquet de bois qui hoche à son clou . et poussez la porte. Après avoir vu l'extérieur je veux vous montrer le dedans ; il faut faire connaissance avec les lieux où nous allons .séjourner. Et d'abord ne vous étonnez pas s'il n'y a personne et si nous entrons si facilement; dans ces petits villages un vol est rare comme une bonne action à Paris , et les habitants de cette maison sont allés travailler aux vignes sans fermer leur porte... ils n'en sont pas encore aux serrures incrochetables. Marchez vivement et ne craignez point d'accidents au parquet, il est fait de terre dure; les murs, dont la fumée a caché la couche blanche de chaux, sont à peu près nus sauf quelques images; au milieu de la chambre .se dressent un énorme billot de chêne et deux bancs où l'on s'attable , mange et boit la piquette en famille ; aux coins, deux lits à la duchesse dont les quatre colonnes soutiennent des ciels et des rideaux de serge verte ; en face de vous l'immense cheminée dont le manteau vous abrite et sous lequel se groupent aisément huit ou dix personnes; si vous montez au grenier, vous y verrez deux ou trois loques , humbles lambeaux se balançant sur des perches, tout ce que la gêne laborieuse peut avoir d'inutile. Puis . en descendant , rien , presque plus rien ; ,i peine de ces petites cho.ses (jui laissent deviner quelques contentements , quelques .satisfactions intérieures... Où souvent l'indispensable manque, trouvez donc du .superflu ! Cependant ces braves gens s'en contentent; il y a tant de bonne humeur et si peu d'ambition parmi eux! et ils .savent si bien extraire de ce train de vie , tout dur et pénible (|u'il est. les instants de plaisir et d'agrément qu'il peut leur procurer !
A quelque époque de l'année que vous le preniez, depuis le Ver.<eau jusqu'au Capricorne, depuis les engelures jusqu'aux coups de soleil ,1e vigneron est toujours occupé; les .soins continuels qu'exigent ses travaux lui feraient d'ailleurs une nature laborieuse , et les mille caprices des saisons, les températures chaudes ou glaciales semblent ne pas arriver jusqu'à lui... sa vigne est son trésor: il ne songe qu'à sa vigne. On le voit l'hiver, par la bise la plus aigué, réparer, dans la cour ou à la porte du pressoir, les tonneaux qui doi\ent contenir son vin; et cela pendant desjournées entières! — Instrument pauvre , et sachant qu'il le sera toujours , il n'en tourne pas moins dans le cercle vicieux de ses occupations. Il dépense sa part de force et d'énergie à faire prospérer des biens qui ne sont pas à lui . et dont il ne lui revient, en récompense, (|u'une portion de ce qu'ils produi.sent.
Dès février, le voilà dans sa vigne, taillant, élaguant, émondanl . faisant tombera terre d'un revers de serpette toutes ces petites branches parasites qui pren<haieiit de la sève sans donner de raisin. — Sur la fin de mars, sa bêche rafraîchit la terre autour de chaque racine: c'est alors que, se promenant de cep en cep, il épie avec avidité la naissance des premiers bourgeons; son fril s'anime , tout .son visage sourit , il passe un doîgl complaisant sur le fnptus vert . el en un instant il l'a miManiorpliosé : il ne \oi( plus le
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bourgeon , il voit la grappe qui se dessine, la peau qui se tend, le grain qui s'enfle, le raisin qui mi"irit , le cep qui se dépouille , la cuve qui s'emplit , et les tonneaux , l'écume à la bonde , entassés et alignés dans son pressoir. Pour se faire une idée du plaisir qu'il rcs- .sent à chaque nouvelle découverte , il faudrait se figurer un homme attendant un brin de fortune, et qui verrait ses écus pousser sur des arbres. Et quand il revient le soir, la bêche et la pioche sur l'épaule , le bout des oreilles rouge et soufflant dans ses doigts . il est rayonnant, et avant de toucher le .seuil il appelle sa femme; il ne secoue même pas .ses souliers auxquels la terre gelée a cimenté ses guêtres , et on peut l'entendre s'écrier, en entrant et jetant sur le pavé le fond d'un verre de piquette qu'il vient de boire : «Marie- Jeanne, dans le Pré-Mourot (•afrcmil/e; c'est plus clair-semédans le Grand-Clos ; mais la Voie-aux-Moincs va fièrement donner ; si Aavri ne nous gèle pas j'aiirons du raïin à faire becqueter tous les mouniaux Au pays.» Le bourgeonnement du raisin, ce phénomène attendu par le vigneron comme le Messie par la gent judaïque , donne lieu à une autre opération : un cep ne durant que quelques années, il faut qu'on le régénère; et c'est cette nouvelle génération que le vigneron, au premier indice des grappes , prélève en branches jeunes et vivaces qu'il couche et fait germer en terre , et qu'on appelle prol'ins. — En mai.. ( puisque j'y suis , je vous débite mon almanach d'un bout à l'autre ; cet homme et son travail s'identifient tellement ensemble ! Séparez donc le chasseur de ses meutes et de son gibier !...) , en mai la bêche soulève et retourne de nouveau la terre nourricière des ceps ; un peu plus tard on en relève ceux qu'on y a couchés , les ceps futurs encore en enfance, puis , pour les soutenir, on les accouple aux échalas , ces burlesques bâtons qui ont eu l'impudence de baptiser de leur nom tous ceux de nous qui tombèrent dans un moule un peu trop droit. — De derniers petits travaux , visites, coups d'oeil paternels , légers soins que vous pouvez comparer au pli d'un lange qu'une mère défait après avoir d'abord posé soigneusement sou enfant dans le berceau , remplissent le temps qui doit s'écouler jusqu'à ce que le grain . gonflé par de douces et péuétrantes ondées , et doré ou bruni par le soleil, fasse prépareras paniers des vendangeurs.
Cet emploi des deux tiers de l'année , que je viens de vous esquisser le plus rapidement possible, ne vous semble peut-être pas aussi pénible que vous vous l'étiez figuré d'abord ? c'est que je ne vous ai pas dit de combien d'anxiétés , d'inquiétudes et de frayeurs tout ce temps est rempli ; c'est que je ne vous ai pas fait voir le vigneron , le matin , le pied sur la porte, tremblant devant une nappe de givre ou de gelée blanche; le jour, suivant d'un (pil inquiet et suppliant les nuages que le vent amasse ; c'est que je ne vous l'ai pas montré, la nuit, .se levant quelquefois réveillé par un orage, debout, l'oreille collée à la fenêtre de .sa cabane, et s'écriant : « Mon Dieu ! mon Dieu ! la grêle va tout ravager !... » — Pauvres gens , qui ont un si mince trésor et qui ne peuvent le serrer avec eux ! qui sont obligés d'attendre de la clémence des saisons qu'elles veuillent bien ne pas leur emporter l'existence, le pain de leur année ! Quel courage il leur faut ! et quelle confiance en leur sort !... Il est des métiers qui font croire à la Providence.
Tout va ainsi jusqu'au moment ofi les vacances , cet âge d'or des écoliers , viennent don ner la volée à tous les travailleurs désireux de quelques semaines de repos. Alors, un beau jour, on voit le vigneron préparer sa voiture et ses bœufs , partir à vide , et gagner pas h pas et pesamment la ville la plus proche; il va chercher les bagages du maître. Le maître (ne vous effrayez pas de ce litre qui sent tant soit peu la domination ), le maître n'est autre chose que le propriétaire dont le vigneron cultive les vignes, bon diable dont rhumenr n'a pas la moindre teinte de despotisme , et qui vient , lui aussi en famille , s'installer dans le village et y pa.sser deux ou trois mois. Je dis en famille , parce qu'il n'y arrive jamais qu'accompagné d'une foule de fils, de neveux et de nièces, excellentes petites créatures.
pas gourmandes au fond , mais qui se promellent à l'cnvi de digérer les fraises , le lait el
les fromages de la ferme , et surtout , surtout de faire la \endange.
Oh ! la vendange ! cette solennité des enfants , cette fête pour laquelle ils laissent toutes les fêtes ! Oh ! la vendange ! courir dans les vignes , broyer la grappe , se tacher de vin ! adieu les rudiments , adieu le collège ! adieu , adieu les vers champêtres ! ils font des dactyles avec une cabriole, et des spondées en tombant sur leur derrière. Oh! la vendange, la vendange! — Mais calmons un peu la turbulence de nos lutins; voici le maître qui entre dans la ferme : " Bonjour! père Thomas. — Ben le bonjour ! not' mossieu. » Et les bonnets de laine de voler rapidement d;'s lêles dans les mains. «Comment cela va-t-il? — Mais , comme la vigne, pas trop mal. — Aurons-nous une bonne récolte cette année? — Grâce à Dieu , j'avoiis eu le temps à l'avenant. — Le vin?... — Ne sera pas piqué des vers , et j'auronsben soif si je le buvons tout. — Et quel jour commençons- nous? — Après demain.» La vendange enfin va s'ouvrir , la joyeuse , la bienheureu.se vendange!
Cette grande époque , cette grande fête arrivée, le vigneron , la famille du vigneron , le maître et les amis du vigneron se préparent avec une activité joyeuse à ce lra\ail , travail le plus important , le grand œuvre de l'année. C'est le moment ofi ces braves gens ont le plus de fatigues, et c'est le moment où ils sont le plus gais. Les voilà qui parlent par bandes, suivons-les, nous les verrons à l'ouvrage. Regardez! chacun se distribue sa besogne : les uns, sans quitter les ceps, couperont le raisin et le jetteront dans les paniers; les autres se tiendront à l'entrée de la vigne , chargés de hottes , que des porteurs spéciaux rempliront en y vidant les paniers des premiers ; d'autres, montés sur les voitures . transporteront les tonneaux que les hottes auront remplis, et les cuves du pressoir se rempliiont bientôt A leur tour en engloulissani ce que les tonneaux leur auront apporté!