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LES ECOLES DE NATATION. JO

sous les ordres d'uu piofcsseiir (jui lui loumiaudera des [tlicz, des Jiiaclicz, des asain liiez, le toul à raison de 3 ou 4 ir. l'heure. Celles, voilà de l'aigcnl bien eniploy»'-.

Vous me demanderez, sans doute, quelles sont les fonctions de cet individu en liabil noir et en cravate blanche, qui vient de manquer de choir dans l'eau loul habilli', lanl est grande sa préoccupation à suivre des yeux les pieds des baigneurs?

C'est Varliiic pédicure attaché à l'établissement. 11 est à la piste de cors, d'oignons, ei de durillons à extraire; ce qu'il fait, dit-il, sans douleur, el au plus juste prix. Êcoutez-le, et il ne tardera pas à vous convaincre, cussicz-vous les pieds les plus sains du monde, que vous êtes menacé de marcher bientôt avec des béquilles , si vous n'avez pas immédiatement recours à son bienfaisant ministère. Craignant peu qu'on lui dérobe les secrets de son art, c'est en plein vent, sur le premier banc venu , qu'il soulage l'humanité souffrante. Entendez- vous celle voix enrouée qui appelle à la pleine eau P — C'est celle du maître nageur^ vieux dur it cuire, infailliblement blessé à Wagram ou à Auslerlitz , et dont la joue est gonflée d'une éternelle chique qu'arrosent de fréquents petits verres. Le maître nageur est petit, carré d'épaules , ventripotent. Il se tient toujours droit comme un I, la tête haute, le jarret tendu. Il porte un chapeau de cuir bouilli , coquettement placé de travers sur sa lêle grisonnante, une chemi.sc de gros.«e toile, un large pantalon bleu , des escarpins .sans bas à ses pieds. Ses oreilles sont ornées de boucles en cuivre doré, figurant des ancres. Sa conversation , cmaillée de nombreuses fautes de français, roule d'ordinaire sur la honte qu'il y a A ne pas savoir nager, et le plaisir qu'on éprouve à tirer proprement sa eoiipc. En ce moment, il monte en bateau avec une douzaine d'amateurs qu'il a recrutés pour la pleine eau. Voilà les douze nageurs à l'eau ! Quant à lui , il reste dans le bateau, occupé à les regarder avec la tendresse inquiète d'une poule surveillant sa jeune couvée. One l'un d'eux s'écarte , aussitôt le cri : Ohé ! au lintliaii, le rappellera auprès de lui. On'un aulu-

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boii'e un bouillon , à l'instaut il s'élaBcera à sou secours, plongera , ira fouiller le fond du fleuve , et ne reparaîtra pas seul , soyez-en sur. Douze baigneurs lui ont été confiés , et il serait perdu de réputation s'il ne les ramenait pas tous sains et saufs.

N'oublions pas , dans cette revue un peu rapide des écoles de natation , d'accorder une petite place au garçon de cabinet, image du mouvement perpétuel , courant au triple oalop de côté et d'autre , afin d'ouvrir aux baigneurs les portes de leurs cellules respectives. Il y aurait de l'ingratitude de notre part à ne pas mentionner aussi la buictte, près de laquelle nous avons tous passé, étant enfants, des moments si doux , en contemplation devant les biscuits, les croquets, les sucres d'orge, les Làlons de chocolat, les cervelas à l'ai! , qu'on y débite à des pris exagérés.

Parmi les nombreuses écoles de natation de Paris , il en est qui semblent avoir fixé plus particulièrement la vogue. Ce sont les écoles Petit, Deligny, et celle dite du Pont-Royal. La première , située près de l'île Louviers, est recherchée pour la limpidité de ses eaux, vierges, à cet endroit, de tout contact avec les mille égouts de la ville: et la dernière, pour sa position au centre de la capitale et la propreté de ses cabinets. L'école Deligny, qui occupe un fort bel emplacement sur le quai d'Orsay, est le rendez-vous habituel des dandys, des militaires , et de tous ceux qui aiment une eau rapide et profoude. Sa proximité du château des Tuileries lui vaut la pratique des princes , qui y ont un joli salou pour leur usage particulier.

Il me reste â dire quelques mots des écoles de natation moins comfortables , à l'entrée desquelles sont écrits ces mots peu ambitieux : Bains à 20 cent. ; vastes cuves accessibles à toutes les bourses, et où la société n'est pas toujours très-choisie. Là , point de caleçon qui gène le corps dans ses mouvements! point de cabinet séparé! On 'se déshabille pêle-mêle , en famille ; on se jette à l'eau avec un morceau de savon ingénieusement percé d'un trou , et attaché au bras avec une ficelle ; on se frotte , on se refrotte ,"*! une fois le savonnage terminé , on se dirige vers ses effets. Ici .se présente parfois une diffi culte : les effets ont disparu; ils ont été remplacés par d'autres-, et tel indi\idu qui est arrivé en bottes, en redingote et en chapeau, se voit forcé de revenir chez lui en .sabotSr en blouse et en casquette , chose fvrt désagréable , surtout à celui pour qui le plaisir n'est fas dans la variété. CiiAitiEs F ri es.

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