‹ Le prisonnier de HamChapitre 15 sur 70 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

les sens du prisonnier, dont l'attention ne s'en émut pas pendant cette longue course.

On atteignit enfin le château de Ham , où Ton devait attendre les ordres de Paris. Le jour suivant, on se remit en route , et , à une heure du matin , on s'arrêta devant la porte de la Conciergerie.

Cette sombre prison a été rendue célèbre par les révolutions qui ont agité la France depuis un demi-siècle. Mais ce que tout le monde ne connaît pas, c'est l'horreur, sans grandiose, qui Trappe l'esprit lorsqu'on y entre. Ce n'est pas effrayant, c'est laid; on sent que ce n'est pas le séjour du malheur, mais du crime. Parmi toutes les cellules, toutes les chambres humides et froides , il en est une qui se distingue des autres. Demandez à ces murs blancs quelles grandes infortunes ils n'ont pas abritées ! Marie- Antoinette, plus belle et plus malheureuse que Marie Stuart; Philippe d'Orléans... qui dut penser à elle; ceux-là et bien d'autres, jusqu'au « brave des braves, >* Michel Ney, ont laissé d'impérissables souvenirs dans cette retraite funèbre. Un souvenir nouveau devait s' y joindre. Là aussi fut enfermé le neveu de l'Empereur, et, selon la belle expression de Chateaubriand, la prison lui a fait partager la grandeur de ceux qui l'ont habitée.

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