‹ Le prisonnier de HamChapitre 18 sur 70 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Le 6 octobre, à 4 heures de 1' après-midi , la sentence de la Cour des Pairs fut lue au prince , et à minuit on le fit monter en voiture , sans lui permettre de voir un seul de ses amis. Un colonel de la garde municipale l'accompagna jusqu'à Ham, où il arriva en douze heures. Le général Montholon et le docteur Conneau demandèrent, comme une grâce , l'autorisation de partager la captivité du prince et le ministère y consentit. Us se rendirent donc à la forteresse, où le général, après

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20 années, retrouve une nouvelle Sainte- Hélène ; c'est de là que ce fidèle lieutenant de Napoléon

» pour mon pays, est de penser que l'Empereur » n'était pas si maltraité par les Anglais dans une » prison anglaise , que ne l'est son neveu , par des » Français , dans une prison française ! »

Pour un homme d'énergie, résigné à son sort, il n'est pas de position si mauvaise, qu'il ne puisse en tirer parti. Le prince sut trouver en lui-même la force du calme , cette grâce inappréciable que Dieu ne refuse jamais à ceux qui la cherchent dans la vraie source.

La patience du prisonnier était cependant mise à de continuelles épreuves, par des vexations imprévues que chaque heure du jour voyait naître. S'il se promenait sur les remparts, dans un espace de 40 pieds de long sur 20 de large , ce n'était pas assez des nombreuses sentinelles placées en dedans et en dehors de la forteresse, ù chaque marche d'escalier et à la porte même de l'appartement; il fallait encore qu'un gardien le suivît pas à pas comme une ombre.

Parmi les domestiques du prince , il y en avait un , le plus fidèle entre les fidèles , Charles Thé-

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