CHAPITRE CI>QU1ÈME
» des pairs a créé pour moi mie pénalité cxcep- »» tionnelle.
» En me condamnant à un emprisonnement » perpétuel, on n'a fait que légaliser le décret » du destin qui a voulu que je Tusse prisonnier de » guerre. On a essayé d'adoucir la politique par » l'humanité, en m' infligeant la peine la moins » dure pour le plus longtemps possible.
» Mais, dans l'application, le gouvernement » est allé au delà des intentions que j'aime à attri- » buer à mes juges. Accoutumé, dès ma jeunesse, » à une vie simple, je ne me plains pas de l'in- » convenante médiocrité dans laquelle on me place; » mais, ce dont je me plains, c'est d'être la vic- » tirae de mesures vexatoires , que ne commande » en rien le soin de ma surveillance.
» Durant les premiers mois de ma captivité, » toute espèce de communication avec le dehors » m'était interdite; et, au dedans, j'étais astreint » à l'isolement le plus rigoureux. Depuis que plu- » sieurs personnes ont été autorisées à me voir , » ces mesures restrictives d'intérieur ne peuvent » plus avoir d'objet; et c'est cependant lorsqu'elles » sont devenues inutiles qu'on affecte d'en aug- » menter la rigueur.
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n Tout ce qui sert à mon usage personnel est , y chaque jour, soumis au plus minutieux examen.
» Le zèle de mon unique et fidèle serviteur qui » a été autorisé à me suivre, est entravé par des » obstacles de tout genre. Un tel système de ter- » reur a été mis en œuvre dans la garnison et parmi » les employés du château, que nul n'ose lever » les yeux sur moi , et qu'il faut ici , à un homme, »> beaucoup de courage pour être simplement >' poli,
» Comment en serait-il autrement, lorsqu'un » regard est considéré comme un crime , et que » ceux qui voudraient adoucir ma position sans » manquer h leur devoir, sont dénoncés à l'auto- » rité , et menacés de perdre leur place ? Au mi- » lieu de cette France , que le chef de ma famille » a rendue si grande, je suis traité comme Tétait »» un excommunié au treizième siècle. Chacun fuit » à mon approche , et Ton semble redouter mon » contact , comme si mon souffle même était con- » tagieux.
» Cette insultante inquisition qui me poursuit » jusque dans ma chambre, qui s'attache à mes » pas lorsque je vais respirer l'air dans un coin >' écarté du fort, ne s'arrête pas à ma personne;