CHAPITRE SEPTIÈME
Si le prisonnier de Ham fut dominé par les événements, il sut bien prendre sa revanche, et, à son tour, rester maître du champ de bataille. Captif, il oublia les liens qui l'enchaînaient, et, libre par la pensée, il s'élança dans le vaste champ des sciences, où ni gardes ni calomnies ne pouvaient entraver ses pas. On eût dit que dans son ignorance de l'avenir il redoutait le terme prochain de sa délivrance, tant lui était doux l'air natal, môme à travers les barreaux de sa prison. Toute l'activité de
son esprit s'employait à un commerce intellectuel avec les hommes du présent et du passé, dont les grands noms seront à jamais les plus beaux monuments de la gloire française.
Occupé de l'étude des sciences physiques et de l'histoire naturelle, il adressa un mémoire important à M. Arago sur la production des courants électriques. Cette communication ne contenait pas de découverte positive, mais elle mérita un rapport approbatif à l'Académie des sciences et obtint les honneurs de l'insertion dans les procès-verbaux de cette illustre compagnie.
M. Arago prit occasion de cette correspondance avec le prince pour lui demander quelques détails sur l'éducation scientifique de l'Empereur, et les journaux du temps publièrent la réponse qui lui fut faite.
L'attention commença dès lors à se porter sur Napoléon-Louis; de tous côtés il lui arriva des témoignages flatteurs de la sympathie qu'il inspirait aux publicistes. M. Frédéric Degeorges, rédacteur en chef du Journal du Pas-de-Calais, s'empressa de mettre ses colonnes à la disposition du studieux prisonnier, qui, en plusieurs circonstances, profita de cette offre aimable.
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