‹ Le prisonnier de HamChapitre 31 sur 70 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

» Tout se tient donc dans le travail humain , et » Ton ne peut décrire les différentes phases d'un » art , sans faire en quelque sorte l'histoire de la » civilisation tout entière. »

Nous devons mentionner aussi la lettre que le prisonnier de Ham adressa, vers la même époque, à M* Chapuys-Montlaville , et qui reçut une grande publicité. Elle avait trait à une corres- . pondance de M. de Lamartine, dans laquelle le célèbre poëte , répondant à son collègue de députation, maltraitait fort le Consulat et l'Empire. Nous ne pouvons donner une meilleure idée de la verve avec laquelle le neveu défendait son immortel oncle, qu'en citant les paroles qui terminent cet énergique plaidoyer:

« Il est pénible de voir un homme de génie " comme M. de Lamartine méconnaître de si » grandes vérités; mais comment s'en étonner » lorsqu'on se souvient qu'il y a un an, le député » de Mâcon, dans un discours à ses commettants, » se plut à nier l'action de Rome sur la civilisa— » tion du monde, et attribua à Carthage une in- » fluence qu'elle n'eut jamais? Le poète qui ou- » blie que, nous autres peuples de l'Occident, nous » devons tout à Rome, tout, jusqu'à notre lan-

» gue, à laquelle lui-même prête un nouveau » lustre, ce poète, dis-je, peut aussi oublier la » gloire civile, l'influence civilisatrice de l'Empe- » reur, car les traces du génie de Rome, comme » les traces du génie de Napoléon , sont gravées » en caractères ineffaçables sur notre sol comme » dans nos lois.

» Je ne puis comprendre qu'un homme qui ac- » cepte le magnifique rôle d'avocat des intérêts » démocratiques, reste insensible aux prodiges » enfantés par la lutte de toutes les aristocraties » européennes contre le représentant de la Révo- » lution; qu'il soit inflexible pour ses erreurs, sans » pitié pour ses revers, lui dont la voix harmo- » nieuse a toujours des accents pour plaindre les » malheurs, pour excuser les fautes des Bourbons. » Eh quoi! M. de Lamartine trouve des regrels » et des larmes pour les violences du ministre » Polignac, et son œil reste sec et sa parole » àmère au spectacle de nos aigles tombant à Wa- » terloo, et de notre Empereur plébéien mourant » à Sainte-Hélène ! C'est au nom de la vérité his- » torique , la plus belle chose qu'il y ait au monde » après la religion , que M. de Lamartine vous a » adressé sa lettre; c'est nu nom de cette même

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