CHAPITRE NEUVIÈME
« Au Ministre de l'intérieur.
» Monsieur,
» Mon père , dont l'âge et les infirmités récla- » ment mes soins, a demandé au gouvernement de ■y m'autoriser à aller les lui rendre. Sa démarche y n'a pas été suivie de résultat; d'après ce que j'en- » tends dire , on exige de moi des garanties for- » melles. En pareille circonstance, ma détermina- » tion ne saurait être douteuse , et je suis prêt à » faire tout ce qui sera compatible avec mon hon- » neur, pour parvenir à offrir à mon père les con- ♦î solations auxquelles il a droit de ma part.
» Je vous déclare donc , Monsieur , qui , si le » gouvernement français consent à me permettre » le voyage de Florence pour y remplir ce devoir » sacré , je promets , sur l'honneur , de revenir et » de me remettre à sa disposition aussitôt qu'il m'en » exprimera le désir.
» Recevez, Monsieur, l'assurance de ma haute » considération.
» Napoléon-Louis Bonaparte. »
Le prince fit savoir, en même temps, à M. Poggioli sa résolution de maintenir la question d'honneur au-dessus de la question de liberté. « La » garantie que j'offre, lui écrivait-il, est la seule » réelle pour le gouvernement et la seule aussi que «je puisse honorablement offrir. »
Le 29 décembre M. Poggioli fut reçu par le ministre de l'intérieur et n'en put tirer d'autres paroles que celles-ci : « J'ai reçu la lettre du » prince ; la question est grave ; je la soumettrai » au conseil. » Le jour indiqué pour savoir la décision prise, M. Poggioli revint à l'hôtel du ministre et apprit que la loi s'opposait à ce que la demande fut agréée; M. Duchfttel ajouta que ce serait accorder une grâce pleine et entière sans que le roi en eût le mérite. 11 ne voulut même pas répondre directement au prince, et, malgré les observations de M. Poggioli, persista à se servir de l'intermédiaire du commandant de la citadelle de Ham. Sa dépêche , datée du 5 janvier , était conçue en ces termes : « Soyez assez bon pour informer le prince, » de ma part, que j'ai soumis sa requête au con- » seil, et que le conseil ne s'est pas cru compétent » pour y faire droit. Cette mise en liberté provi- » soire serait une grâce déguisée, et, quel que soit