‹ Le prisonnier de HamChapitre 49 sur 70 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

Chaque projet ayant ainsi échoué, une ressource unique se présentait comme dernier moyen de liberté, l'évasion. Elle était pleine de périls; et, si elle venait à manquer, il u'y avait pas seulement certitude de voir s'augmenter les mesures de rigueur, mais il s'y joignait encore le cachet indélébile de ce ridicule qui accompagne toujours, en pareil cas, le mauvais succès. Le prince, qui avait supporté sa captivité avec une si grande élévation d'âme, qui s'était exposé sans peur aux baïonnettes

de Strasbourg et aux balles de Boulogne , trembla presque à l'idée de ce danger d'un nouveau genre. Les railleries s'offraient à son imagination comme des fantômes moqueurs prêts à jeter sur son infortune la dérision et l'insulte. Cependant, le désir irrésistible de voir encore une fois son illustre père dans ce monde l'emporta sur ses appréhensions, et il se résolut à tenter la difficile et hardie entreprise que nous allons raconter.

Il s'agissait d'abord d'arrêter un plan, et la première chose à faire était d'accoutumer graduellement l'esprit du gouverneur à l'idée d'une amnistie prochaine , afin de le rendre moins empressé à la surveillance des projets du prisonnier. Il ne fut pas difficile, à l'aide de lettres écrites de Paris, de lui persuader que la grande mesure de clémence était fixée au mois de juin, un peu avant les élections, comme cela s'était déjà vu dans plusieurs circonstances.

Parmi tous les plans qui s'offrirent à l'espoir du prince, il choisit et arrêta le plus simple, qui consistait à trouver un prétexte pour introduire des ouvriers dans la prison , de sorte à pouvoir s'ha-

biller comme eux , et, à l'aide de ce déguisement, franchir les portes de la citadelle. Le hasard servit

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