‹ Le prisonnier de HamChapitre 5 sur 70 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Il ne faut pas conclure des détails dans lesquels nous venons d'entrer que notre intention soit décrire une notice biographique complète. Nous n'entreprendrons surtout ni de louer ni de blâmer les hasardeuses entreprises qui ont contribué, encore plus que ses malheurs, à appeler sur le prince Louis l'attention de l'Europe. A ce sujet nous voulons seulement donner un récit exact et détaillé de circonstances que le public ignore ou qu'il a laissé tomber en oubli. Elles méritent d'Mre con-

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servées pour l'histoire , car elles sont le symbole de la plus grande prévision connue. Ce qu'on appelle encore des illusions passera un jour à l'état de réalité; nul peut-être n'a vu aussi juste et d'aussi loin que le prince Napoléon -Louis, qui a clairement aperçu les instincts de la France.

Il avait compris, lqi l'héritier direct du trône impérial, qu'il ne s'agissait plus d'invoquer ce titre, mais que son grand nom lui donnait le droit de se présenter à la nation dans l'état moral et tout nouveau où elle se trouvait. Les opinions les plus extrêmes, appartenant aux partis les plus opposés , recouraient toutes au principe fondamental de la souveraineté populaire ; la réforme électorale de l'opposition, le suffrage universel des légitimistes, et Y appel au peuple des républicains contenaient une même formule et révélaient une foi commune h tous les partis. Le prince était très-frappé de ce spectacle, mais avant de hasarder une intervention personnelle et de tenter l'application de ces principes dont la propagation lui paraissait si flagrante, il attendit de les voir développer par le cours des événements , et sa conviction ne tarda pas à se faire. Les émeutes dans Paris et dans les départements, les agressions ar-

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