‹ Le prisonnier de HamChapitre 6 sur 70 · CHAPITRE DEUXIÈME. h · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME. h

mées des 5 et 6 juin, des 13 et 14 avril, les mouvements tumultueux de Grenoble, la guerre civile à Lyon, tout servait à lui démontrer la situation inquiète et instable du pays.

Sans entrer dans les détails bien connus de Y affaire de Strasbourg, nous rappellerons simplement les détails principaux. Le 30 octobre 1836, le prince se mit à la tète du régiment d'artillerie alors en garnison dans cette ville. Les régiments de cavalerie des environs se mirent en marche immédiatement pour le rejoindre. Une fatalité inattendue fit échouer l'insurrection dans la caserne du 46* régiment d'infanterie.

« Hier matin dimanche , écrivait le prince à sa » mère, je me suis présenté au 4 e régiment d'ar- » tillerie , qui m'a reçu aux cris de Vive l'Empe- » reur! Le 46* a résisté et nous nous sommes » trouvés cernés dans la cour de la caserne. Heu- » reusement il n'y a pas eu de sang français » Versé, et c'est une consolation au milieu de mes » malheurs. »

Abandonné ou trahi, le prince sortit de cette épreuve avec l'honneur intact et fort de sa calme conscience. Il Tut emprisonné, et M. Lebel, chef d'une escouade de geôliers de la Conciergerie ,

envoyé de Paris par mission expresse, mit un luxe de zèle à ses fonctions jusqu'au point d'empêcher le prince d'ouvrir ses fenêtres pour respirer l'air. 11 lui ôta sa montre et adopta ce système de tyraunie mesquine et de vexations constantes dont les subalternes ont seuls l'ingénieux secret.

Enfermé dans la citadelle de Strasbourg, Napoléon* Louis attendait l'instant où il devait comparaître devant les tribunaux, lorsqu'une voiture s'arrêta , le soir , pour le conduire à une destination inconnue. Le prince lui-même va nous faire le récit de ce voyage :

« Le 9 au soir on vint me prévenir, dit-il dans » une lettre à sa mère , que j'allais être transféré » dans une autre prison. Je sors et je trouve le » général et le préfet qui m'emmènent dans leur « voiture sans me dire où Ton me conduisait. J'in- » siste pour qu'on me laisse avec mes compagnons » d'infortune , mais le gouvernement en avait dé- » cidé autrement. Arrivé dans l'hôtel de la Pré- » fecture , je trouvai deux chaises de poste ; on » me fit monter dans Tune avec M. Cuynat, com- » mandant de la gendarmerie de la Seine , et le y lieutenant Thiboutot ; dans l'autre il y avait » quatre sous-officiers.

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