‹ Le prix de la vieChapitre 15 sur 108 · LB» OPINIONS CONTEMPORAINES · texte numérisé non relu

LB» OPINIONS CONTEMPORAINES

latîons ne font pas peur, des hommes qui ont une influence, d'autres devant qui s'ouvre l'avenir.

Ce grand mot de dépendance à l'égard de Dieu, la Religion le prononce très haut, et avec un accent qui n'est qu'à elle. Aussi est-elle plus contrariante qu'une doctrine philosophique, et plus contrariée mais aussi plus pénétrante.

Elle proclame à haute voix que l'homme est une créature, donc qu'il est dépendant par essence : il dépend du Créateur, qui est aussi le Législateur et le Juge.

Voilà qui est net, décisif, et qui va à rencontre de toutes les conceptions généralement en faveur aujourd'hui.

Cette idée de la dépendance de la créature à l'égard du Créateur, c'est le fond de l'Hébraïsme; c'est aussi le fond du Christianisme. Mais le Christianisme y ajoute une notion plus profonde- du péché de la créature et une notion plus vivante de la bonté du Créateur. Le Christianisme, c'est la religion du Christ, et le Christ, c'est cette merveille, comme disait Descartes : l'Homme- Dieu! L'Homme-Dieu est le Réparateur, le Rédempteur, le Sauveur des hommes. La vie hu-

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maine apparaît dès lors comme dominée pat Tobligation de la réparation, de l'expiation, du sacrifice : sans quoi on ne fait point son salut. La vie actuelle n'est plus que la préparation à une autre vie qui est la vie pleine, la vie glorifiée. L'au delà ici est précis : c*est le ciel, c'est la vie éternelle ; et précise est la formule de la vie présente : Renonce à toi-même, perds ton âme et tu la sauveras, meurs et tu vivras.

Cette vieille doctrine est puissante. Elle se fait entendre de ce«x mêmes qui lui refusent leur adhésion. Elle redevient neuve et jeune aux yeux de ceux que tant d'autres conceptions de la vie ont séduits et ensuite déçus. D'aucuns la trouvent si belle qu'ils la voudraient reprendre tout entière, mais sans les dogmes auxquels elle est liée; et ils rêvent d'un christianisme d'où le Christ serait absent pour ne rebuter personne, mais 011 son esprit demeurerait pour animer, pour diriger tous les hommes, et ceux-là même qui n'admettraient point les vérités chrétiennes et qui iraient jusqu'à douter de l'existence de Jésus-Christ !

Le renoncement, l'abnégation, la mortification, l'esprit de sacrifice, tout ce qui constitue l'ascé-

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