‹ Le prix de la vieChapitre 16 sur 108 · IC3 OPINIONS CONTtiMPOKAÎNKS · texte numérisé non relu

IC3 OPINIONS CONTtiMPOKAÎNKS

tisme chrétien va au mépris de la vie présente; mais, comme d'une part cette vie prépare la vie éternelle, comme d'autre part l'homme ne peut mépriser l'homme fait à la ressemblance du Créateur, racheté par le sang du Christ et destiné au ciel, la conception chrétienne de la vie ne saurait être une conception paresseuse : tout en prêchant le mépris de la vie, le Christianisme prêche un emploi sérieux de la vie, et il exige, en particulier, la pratique de la charité, l'amour effectif du prochain pour l'amour de Dieu, le service des pauvres à l'imitation de Jésus-Christ, levangélisation des petits et des humbles à l'imitation encore du Sauveur, l'amoureuse et active pitié pour ceux qui souffrent, le travail en vue de soulager les misères humaines. Il prêche donc l'action. Et cette prédication plaît à beaucoup de nos contemporains.

J'ai regardé, j'ai écouté autour de moi. J'ai recueilli ce qui se dit de la vie. Je sais comment on la juge et ce qu'on conseille ou prescrit d'en faire. Les avis sont divers, contradictoires même. Les uns sont indifférents à tout, sauf à la jouissance que leur procure le spectacle des choses.

Les autres veulent faire et font quelque chose; ils agissent et combattent. Mais, parmi ceux-ci encore, quelle diversité! Il y en a qui attendent tout de la science, et ils ne travaillent que pour en préparer le triomphe complet et définitif. Il y en a qui attendent tout de la loi morale mieux pratiquée et de Dieu mieux connu et mieux servi, et tout leur effort tend à rétablir le règne du Bien, le règne de Dieu. Plusieurs terminent tout à rhomme, à l'homme souff'rant, et la raison de vivre est pour eux de soulager la misère humaine. Toutes ces conceptions diverses, ces diverses formules se croisent, se heurtent, se mêlent. Et tantôt il semble que Ton crie : Vis, vis le plus que tu pourras ; tantôt, au contraire : Meurs le plus que tu pourras, meurs en attendant de vivre dans une vie meilleure ; ou encore : Meurs, parce que mourir en se dévouant, c'est vraiment vivre.

Je ne vais pas reprendre les unes après les autres toutes ces manières de répondre à la question de la vie. Ce n'est pas mon objet. Mais il était bon de les considérer ; car, avant de m'engager dans une longue investigation sur la vie, ^1 fallait voir ce qui occupe et préoccupe le plus

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