‹ Le prix de la vieChapitre 22 sur 108 · LES LOIS DE TOUTE VIE. SI · texte numérisé non relu

LES LOIS DE TOUTE VIE. SI

connues : elles sont ce sans quoi rien ne se ferait, ce sans quoi nous ne penserions pas, les unes étant les faits mêmes et les existences qu'il s'agit de percevoir et non d'inventer, les autres étant les principes essentiels du connaître et de Vètre qu'il s'agit de dégager et, en ce sens, de découvrir, mais non de faire ni de créer.

L'intelligence est donc réceptive ou perceptive, c'est manifeste, mais non pas sans action propre : ce n'est pas moins manifeste. Peut-on se réduire à la pure mémoire conservant les acquisitions intellectuelles? Ce serait un danger d'y tendre ou d'y réussir en partie. C'est une impossibilité d'y réussir entièrement. Et, d'ailleurs, l'acquisition même est un travail, un effort, un acte. Tout en témoigne. La plus élémentaire perception enveloppe, implique quelque acte du sujet percevant. Une pure impression et réception toute passive ne serait, à aucun degré, une connaissance ni l'analogue de la connaissance.

Regardons maintenant l'intelligence riche de ses acquisitions et de ses labeurs. Pourra-t-elle jouir simplement de ce qu'elle aura acquis ou fait elle-même? Nullement. C'est une nécessité

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de se renouveler sans cesse. En vain a-l-on trouvé de ses idées des formules heureuses. On ne peut s'y complaire ni s'y reposer. Il faut san? cesse sortir de soi, sortir de ses propres pensées et des formes où l'on les a recueillies, sortir de tout ce qui est fait, car tout cela vieillit, et la stagnation est mortelle pour l'intelligence. Jamais le moment ne vient de s'enfermer une fois pour toutes dans ce qui est fait, pas nnême dans ce que l'on a fait soi-même. Il faut que la flamme de l'esprit soit toujours vive et agissante, et ravive et renouvelle tout. Il faut sans cesse agir, sans cesse travailler de l'esprit.

Et il faut sortir de soi pour aller à autrui. Toute pensée nette et forte tend à s'exprimer, et qu'est-ce que s'exprimer si ce n'est se répandre dans le sensible et comme rintellectualiser? La peubée qui trouve dans le mot un corps, se communique en quelque sorte à cette chose matérielle et la remplit de soi, l'anime de sa vertu propre et l'élève à soi. Puis, c'est un besoin do la pensée de se communiquer à d'autres esprits. Quiconque a des idées un peu puissantes a l'ambition de les propager, et toute conviction sérieuse répugne à demeurer enfermée en elle-

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