YERTU PRATIQUE DB L'IDÉE
oT, par conséquent, de rintelligibilité, ou de ce qui rend la chose saisissable à la pensée, à la raison de l'homme. Considérée hors de l'esprit quî la conçoit, et dans ce qui la fonde objectivement, cette idée est, dans l'être même, une sorte de raison immanente, de raison séminale, comme disaient les stoïciens, ou encore une idée dirigeante, une idée directrice, principale aliquidj To f,Ysuovixdv, présidant au développement de l'être, à l'évolution de la vie. Mais cette idée impliquant pour l'être la possibilité d'être lui-même pleinement et même de se dépasser par une sorte d'abondan(je et de surabondance, et comme par un excès qui soit excellence, ce n'est plus seulement une impulsion directrice qu on y remarque, c'est une force propulsive : elle pousse, elle porte en avant, et fait aller toujours plus loin, toujours plus haut, si rien ne l'empêche.
Ainsi dans l'être humain la nature humaine, iinsi Vidée de l'homme. C'est l'idée de l'homme iui, en un sens, fait l'homme, c'est elle qui en 'haque homme explique la marche en avant, et :'est elle qui, dans l'ensemble, explique, avec l'hérédité, le progrès de l'humanité.
Cette idée se trahit d'abord par des instincts.
?2 CHAPITRE Vin.
Avant d'être reconnue, elle pousse à l'action. Il y a des inclinations^ des tendances, des appétits qui lui sont conformes. Naturelle est la tendance à persévérer dans son propre être, naturelle auss^ la tendance à aller vers autrui. Naturelles de même sont les exigences de la bête humaine, et naturelles les aspirations de V homme.
Puis la conscience vient, et enfin la réflexion. On essaie de fixer l'idée, de se représenter la forme de vie qu'elle demande. Alors il y a clairement et expressément, sous le regard de l'homme qui pense, la nature humaine en fait et la nature humaine en idée. Le fait est la réalisation telle quelle de l'idée. L'idée ramène à elle le fait.
Or, encore une fois, cette idée, ce n*est pas seulement l'ensemble des conditions d'existence de l'être, c'est ce qui est requis pour que cet être soit le plus possible et le mieux possible luimême : c'est ce que son essence exige, et avec un surplus, une sorte d'excès, une perfection, une excellence que cette essence comporte ou appelle. Inconsciente, l'idée directrice, si rien ne l'empêche, pousse l'être à l'épanouissement, à l'éclat, si je puis dire, et au rayonnement. Consciente,