LA SCIENCE ET LA VIB
Tout ce que nous venons de dire peut sembler ne pas franchir les bornes du déterminisnre scientifique le plus rigoureux. L'homme ainsi entendu semble, je ais semble, n'avoir besoin pour s'expliquer d'aucun principe proprement métaphysique. Il fait partie de la nature. Il est soumis aux mêmes lois, conduit en définitive par par la même nécessité. Il accomplit son œuvre comme la fourmi ou l'abeille accomplit la sienne. Cette œuvre est, à certains égards, bien supérieure parce qu'elle procède de la pensée consciente; mais, si belle qu'elle paraisse, c'est un point au sein de ce vaste univers, et d'ailleurs, de même" que si beaucoup d'hommes demeurent sur les confins de l'animalité, ce n'est point leur
faute au sens où le prennent les moralistes, ainsi Tespèce de supériorité où atteint Télite n'est point un mérite à proprement parler. Chacun est ce qu'il peut. Entre les animaux et lliomme il y a continuité. Il faut considérer les choses du même œil, en juger d'après les mêmes principes : une même science les explique.
De ces vues se forme une certaine philosophie de la vie, triste, mais résignée, très calme, très sereine, qui ne méprise rien ni personne, assez hautaine pourtant, car si tout intéresse le savant, parce que tout a sa place dans l'évolution universelle et que tout arrive en vertu de' la même loi nécessaire, cependant les produits choisis, exquis, lui plaisent par leur importance relative, et aussi dans certains cas par leur bienfaisance. Comment ne pas préférer à la brute humaine où les penchants du gorille primitif sont toujours prêts à éclater impétueusement, l'homme cultivé, où les bas-fonds sont contenus et où la pensée produit ses plus beaux fruits? Et dans l'homme cultivé lui-même, comment ne pa» préférer au bel esprit trop raffiné, au raisonneur perverti, à Tabstracteur à outrance, à toute l'engeance des sophistes et des phraseurs, l'intelligence droite