ESSAI D'UNE MORALE SANS OBLIGATION
VOUS, VOUS supprimez le devoir parce que vous n'y voyez que l'expression nienteusemenl mystique de la vie et de la nature. Vous ne montrez pas qu'entre le devoir et la vie il y a un accord profond : vous ramenez tout simplement le devoir à la vie, et, dans la vie même, vous ne considérez que la quantité et l'intensité, parce que vous regardez comme une illusion tout ce qui est d'un autre ordre que le point de vue physique, naturaliste, 011 vous vous placez. Donc, gardons le devoir tel qu'il est, avec son vrai caractère qui est le caractère moral, et ensuite nous pourrons mon* trer que cette loi morale est, au fond, en harmonie avec la nature, j'entends la vraie nature, la nature comprenant l'idéal, et oii il y a, par conséquent, à considérer la qualité et la perfection.
Vous parlez de vraie vie*, de vie plus haute^ de vie plus élevée* f de sublime exaltation de la vie* : à vrai dire, vous n'en avez pas le droit. Avec une théorie purement naturaliste, on ne peut pas parler de cela; car seulement nommer cela, c'est consi-