‹ Le prix de la vieChapitre 56 sur 108 · Vo;. DOtammeot Discarirt ds métaphysique^ % l · texte numérisé non relu

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LB BIEN ET LE BONBBDR. ÎSR

malgré les apparences, en dépit des démentis d'une expérience incomplète sans doute et mal interprétée, c'est le bien qui est la raison de la vie humaine.

Donc encore, dans les théories que j'essaierai pour concilier l'eipérience avec les indomptables convictions de la raison et de la conscience, je n'introduirai rien qui fasse injure au bien.

Or, je lui ferais injure si je n'avais pas une vue nette du mal, du mal positif; car je considérerais ce mal comme un moindre bien, ce qui serait oublier précisément la pureté du bien et n'en avoir pas un respect assez laloux. Si je prétendais expliquer la vie sans y tenir compte suffisamment de la réalité positive du mal, c'est que je ne saurais pas assez ce qu'est le bien.

Je ferais encore injure au bien si je ne tenais pas compte, autant qu'il le faut, du prix de la personne, de la personne morale. Je considérerais la vie d'une manière noble, peut-être, mais esthétique, ou, pour ainsi dire, politique. J'y verrais une belle œuvre, le produit d'un art accompli, ou comme une sorte de réussite heureuse, d'affaire bien menée, là où des circonstances favorables auraient permis le succès, et je ne me soucierais

Î26 CHAPITRE IVU.

pas beaucoup des avortemenls ou deg revers. Mais, si le bien est le bien, si nous avons su donner à l'idée du bien toute sa pureté et toute son ampleur, la personne morale est telle que cien ne peut autoriser à\la traiter coiiinie si elle n'avait pas qualité morale.

Ké?olu donc à ne faire aucune injure au bien, je m'interdirai, dans mes essais de théorie, toute vue où le mal serait méconnu et où la persoim* morale serait sacrifiée.

Ce n'est pas tout. Il ne suffit pas de respecter le bien, il faut avoir confiance dans le bien. Donc, affirmant que le bien existe, j'affirme, par une naturelle et immédiate conséquence, que la vie humaine est telle qu'en sonmie et en définitive, c'est le bien qui l'emporte, ou, pour parler avec plus de précision, que l'être humain, s'il le veut, peut être heureux.

Ainsi le Bien est perfection, excellence, vie pleine, parfaite, excellente, absolument indépendante de tout, se suffisant pleinement à soimême, bienveillante par cela même, et bienfaisante, enfin bienhetireuse. Vais-je hésiter à affirmer cela? Non, je n'hésiterai pas. L'idée, claire, riche, pleine, poussée jusqu'au bout.

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portée au souverain degré, emporte Texlstence, Sans cet à priori-lk, point de pensée, point de raison. Le Bien est. C'est une réalité, c'est la réalité transcendante, laquelle est absolument positive, étant pure de toute négation, libre de toute limite, sans aucun mélange de non-être : elle est, elle est être sans qu'il soit vrai de dire en aucun sens qu'elle ne soit pas, elle est sans que s'y glisse, si peu que rien, le n'être pas. L'Être souverain ou le Bien souverain, ce qui est tout un, a un droit souverain à être effectivement. J'ai dans le Bien cette conGance qu'il est, et que, pour tout ce qui est et n'est pas lui, il est la raison d'être, la fin, et le principe.

Cette affirmation en entraîne une autre : c'est que, dans le monde donné, le Bien est fin, fin de l'existence. Cela étant vrai en droit, cela est en fait. Je puis ne pas le voir : cela est. Je puis ne pas savoir comment : cela est. Le mal n'est ni fin, ni principe non plus. Le mal est réel, mais il suppose le Bien. Que le Bien ne soit pas, que sera-ce que le mal? C'est le Bien qui est premier, premier intelligible, premier existant. C'est le Bien qui est principe, et c'est le Bien qui est fin, en fait, encore une fois, comme en droit.

228 CHAPITRE IVII.

La vie donc, la vie humaine est pour le Bien. C'est incontestable. Cette affirmation, qui semble hardie, n'est que la suite immédiate de l'aftirmation du Bien. Le Bien est la tin de la vie humaine, non seulement en soi, mais en ce sens pratiquement réel que, d'une part, c'est la tin à vouloir pour l'homme; d'autre part, que c'est une fin qu'il est possible à Thomme d'atteindre.

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