‹ Le prix de la vieChapitre 62 sur 108 · LE SENS DR LA VIE PRÉSENTE. S-IÎS · texte numérisé non relu

LE SENS DR LA VIE PRÉSENTE. S-IÎS

façons dans sa vie, et que, d'autre part, ceux qui ne sont pas encore nés prenrienf. place dans sa vie, eux aussi, et font de mille manières l'occupation de sa pensée, l'objet de son activité. Les hommes forment donc une société, et dans un sens beaucoup plus étendu qu'il ne paraît d'abord. Comment s'en étonner puisque le Bien est, de soi, bienveillant et bienfaisant, et que les personnes morales, existant à son image, sont capables d'aimer? Est-ce en vain que cette capacité d'aimer est un des caractères essentiels de la personne? Pourquoi ne pas dire, en empruntant au P. Gratry une très beWe formule, que l'humanilé est « une pluralité d'âmes destmées à l'amour* », une pluralité de personnes destinées à aimer, à s'entr'aimer? Et, s'il en est ainsi, pourquoi la vie présente ne serait-elle pas l'image très imparfaite de ce qui doit s'accomplir ailleurs? La cité des esprits que nous avons déjà saluée ne serait pas une cité *out idéale. Nous avons vu qu'elle n'est pas un vain mot, du moment que le monde moral existe; nous avons vu qu'elle n'est pas un rêve chimérique. Quiconque vit de la vie morale en

l. Connaissance de rdme, l, V, ch. m, § l".

fait partie, car il est en communion avec tous les êtres moraux, pensant, sur l'essentiel, comme eux, agissant comme eux. Mais pourquoi la cité des esprits n'existerait-elle pas, ramassée en un? Alors la vie présente en serait la préparation, en même temps que cette pauvre vie si divisée, si troublée, nous offrirait l'image, très imparfaite, mais /snfîn l'image anticipée de cette société véritable.

Et ces trois idées, celle de l'éducation morale, ceUe du combat et de Tépreuve, celle de la solidarité morale et de la société des esprits, ces trois idées, dis-je, rapprochées, combinées, unies, nous aideraient à concevoir le rôle de la vie présente dans l'univers ; elles nous feraient saisir le sens de la vie présente.

Je dis de la vie présente^ car en même temps que ces idées supposent que le tout de la vie nest pas ce que nous e:% voyons^ elles supposent aussi que la vie n*est pas toute resserrée dans les limites de la vie actuelle.

Ainsi l'expérience présente, consultée, étudiée à la lumière de l'idée morale et de l'idée du bien.

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répond qu'elle ne s'explique point par elle-même : la vie que nous vivons, la vie actuelle et présente ne se suffit point à elle-même. Elle signifie^ elle prépare.^ elle représente autre chose. La personne morale, au milieu de tant d'événements divers, se forme en de mystérieuses profondeurs ; une vie, prolongement de celle-ci, se prépare en celle-ci; et cette société humaine, qui se meut et qui combat en ce monde, est l'image d'une cité meilleure.

Donc la vie présente, malgré ses misères, est bonne. Elle est bonne par le rapport qu'elle a avec autre chose. Elle est bonne parce qu'elle prépare plus et mieux. Ailleurs, par l'œuvre méritoire qui se fait en ce monde, ailleurs sera le développement parfait, le parfait épanouissement, la satisfaction ; ailleurs, l'homme parfait, la vie parfaite, la parfaite société ; ailleurs, le bien possédé et le bonheur. « Les tendances aboutissent », poui reprendre encore une belle formule du P. Gratry. L'Être bon, qui gouverne la vie, Celui qui est la Vie excellente et éternelle, Zwov aïStov xal x^eiov', .attire à lui ces pauvres êtres que nous sommes

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