‹ Le prix de la vieChapitre 63 sur 108 · I. Aristote, Métaphysique^ zii · texte numérisé non relu

I. Aristote, Métaphysique^ zii

24» CHAPITRE I!l.

et nous entrevoyons les biens qu'il nous destine, et nous les appelons de nos vœux. Par lui, nous verrons, nous posséderons les vrais biens dans ia terre des vivants.

Ta nos boaa fac videre Id terra viveDUum^

i. Prose Lauda Sion, Office du SaiDt-Sacrea.eat

LK pniiL DE ljl personne moralk

Je veux insister sur ce caractère de l'être humain que nous désignons par ce mot d'esprit ou de personne morale. Si nous arrivons à bien voir ce qu'il y a là, beaucoup de choses s'éclairciront.

Le Bien est le principe, la raison, la fin de toute chose : il doit l'être, il l'est. Et le Bien, c'est l'Être bon, et l'Être bon, c'est un être ayant, si je puis dire, qualité morale, c'est un Esprit, en ce sens que c'est un être qui pense, qui aime, qui veut, et excellemment.

Il convient à l'Être bon de vouloir que des êtres soient, lesquels participent en quelque manière à sa bonté et à son être, et en soient l'expression en même temps que l'effet. Libre, comme il convient à l'Esprit, l'Être bon est libérai; Librement

il fait être ce qui n'est pas. Or, si tout degré d'être, pris en soi, est manifestement un bien, étant l'expression et le produit de l'Être bon, il faut dire que l'être qui a le plus de prix, c'est celui qui a qualité morale, étant raisonnable et libre, étant une personne, et comme tel, exprimant mieux l'Être bon lui-même.

Dans un être imparfait, qui n'est point par soi, la liberté sera limitée. Dans un tel être, essentiellement dépendant, la liberté n'est point l'indépendance. Dès lors, c'est une liberté qui n'est pas toute liberté ; mais, quoiqu'elle ait des limites, elle est d'un grand prix. Pour nous en convaincre, considérons les faits que voici.

Un homme commande. D'autres hommes obéissent. Une discipline rigoureuse, exacte, s'établit. Des mouvements précis s'exécutent. Ce qu'un homme pense et veut est accompli par un millier d'hommes. C'est beau et grand. Ce n'est pourtant pas ce qu'il y a de plus beau et de plus grand. Pourquoi? parce que si le premier auteur de toute cette série de mouvements est libre, ces hommes qui les exécutent ne font qu'accomplir une consigne. Libre est le commandant suprême, libre le chef suprême ; mais ceux qui traduisent.

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