LB PRIX DE LA VIE PRÉSENTE
encore. Je ne parle pas des rois, des empereurs, et de leurs projets de monarchie universelle. Je ne parle que des mouvements d'idées et de la vertu unifiante procédant de ces foyers intellectuels et moraux. La Révolution française en est la dernière manifestation dans Tordre politique. La science, aujourd'hui, essaie, à sa manière d'unir les nations, et en rapprochant les distances, en supprimant presque l'espace et le temps, elle paraît tendre, au milieu de beaucoup de maux produits par elle, à faire de l'univers une sorte d'immense assemblée. La civilisation d'oij naissent tant de divisions, est, en somme et à le bien prendre, une force unifiante. Ainsi, de toutes les façons et sous les aspects les plus divers, recommence toujours, et se poursuit sans cesse, et partiellement s'accomplit le rêve du genre humain uni. L'Église cathohque, notons-le ici, a de cette unité une conception claire avec un dessein ferme d'y parvenir, des ressources incomparables pour l'atteindre, et un succès sang cesse renouvelé et varié.
J'ajoute que, d'autre part, ce que l'on nomme les questions sociales prend à nos yeux une importance croissante. Or, de quoi s'agit-il au fond
de toute question de cet ordre? Il s*agit de procurer une amélioration dans Tétat des hommes : amélioration matéj'ielle, intellectuelle, morale, sociale. N'est-ce pas, en effet, un des buts à poursuivre en ce monde, et cette préoccupation des questions sociales n'est-elle pas le signe que l'humanité prend heureusement une conscience plu» nette et plus vive d'un de set devoirs?
L'Église catholique n'a jamais oublié la communion des âmes, elle n'a jamais oublié non plus le soin d'accroître le règne de Dieu sur la terre. Saint Jean Chrysostome, pour ne citer que lui, disait dans la vieille Antioche : « Chrétiens, vous rendrez compte, non de votre propre salut seulement, mais de l'univers tout entier. » Et il voulait que la prière du chrétien fût vraiment univep» selle, catholique, le chrétien qui prie se présentant à Dieu chargé des intérêts du genre humain tout entier. A. la prière se joint l'action, et, dans les siècles les plus durs, le souci d'améliorer les choses humaines s'est conservé et manifesté au sein de l'Église. Qu'il suffise de citer la trêve de Dieu. Mais c'est un des caractères dp notre temps que le devoir social comme tel y apparaît avec une clarté nouvelle; il est plus précis et plus