LA RAISON DB VIVRB
pare la faute; bon le sacrifice, le reDoncement; bonne la mort, con«iition de la vie.
La vie actuelle est bonne, puisque, sous la conduite du meilleur des maîtres, on y jouit, souffre, travaille, lutte, non pas en vain, mais avec la double certitude de préparer un avenir éternel qui sera le règne définitif du bien, et de procurer un progrès du bien dans ce monde même. Rien ne se perd : le moindre bienfait au moindre des êtres a un retentissement indéfini.
La vie est bonne. Proposition optimiste, mais d'un optimisme qui n'est ni aveugle ni niais. C'est l'expression de la confiance la plus raisonnable, de la confiance dans l'excellence propre, dan» l'eicellence souveraine du Bien, et aussi dans Tefficaciié du Bien.
Seule, la mauvaise volonté obstinée, invincible, peut se soustraire à cette action vivifiante. Tout vit par le Bien et pour le Bien. L'être obstinément rebelle se condamne à mort. C'est un immense malheur. Mais ôtez la possibilité de cette rébel- Uon, de cette résistance : il n'y a plus de liberté, et, pour être la digne et vive image du Bien par \ essence, il faut être bon par libre choix.
Voilà comment je pense que la vie est bonne.
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Et je ne nie pas le mal, ni la pente au mal, ni la faiblesse épouvantable du vouloir humain, ni les affreuses laideurs du vice et du crime, ni les misères de toutes sortes ; mais je dis que, malgré tout, il y a une divine orientation de la vie vers le Bien, que le Bien est le dernier mot de tout, et qu'au Bien, en définitive, appartient le dernier mot, au Bien l'empire du monde et l'avenir éternel. Specie tua et pulchritudine tua intende, prospère procède, et régna. Avec votre face lumineuse et charmante, ô Bien, avec votre beauté, allez, allez, avancez heureusement, et régnez : régna pr opter mansuetudinem et jîis~ titiam et veritatem^ que la cause de votre règne, ce soit votre douceur et la justice et la vérité. A.rmez-vous, ô tout-puissant, ceignez l'épée, accingere gladio tuo super fémur tuum, potentissime\ Vous vaincrez, vous triompherez. Je ne vous rétrécis pas, je ne vous borne pas : je me fie à votre efficace.
Maintenant, je puis dire ce qu'il faut faire de cette vie. J'ai le mot de l'énigme : il m'est facile