LA RELIGION
La n^ligion est essontiellempnt lien, lien des hommes a^vec Dieu, lieij des hommes entre eux : elle rst société, soiiélé avec Dien, société des hommes entre eux : eHe est amour. Et l'amour, allant jus(|u'au bout, jnsqu'au f(»nd, jusqu'au haut, ayairt Dieu pour suprême oitjet, et étant essentiellement acte d'àme, unissant les âmes et les unissant en Dieu, p;ir Dieu, avec Dieu, raiiumr a un caractère religieux, une portée religieuse.
Le point de vne de Tamour, qui nous a élevés jju-de-sus du point de vue strictement moral, devient le [)ointde vue religieux.
Mais, dès qne nous parlons de religion, nous entrons dans des considérations nouvelles. La
religion, en effet, qui est lien, qui est amour, établit tout d'abord entre rhomnH3 et Dieu un rapport que m la science, ni la philosophie, ni la pure morale ne peuvent établir.
Il faut laisser aux mots leur sens précis et distinct. Parler de religion, ce n'est pas parler de science, de philosophie et de morale, sous un autre nom seulement, c'est parler d'autre chose.
La religion, comparée à la pure morale, à la science morale, à la philosophie morale, apparaît comme ne les contredisant point, mais comme disant plus et mieux.
Elle a de Dieu et de l'homme une vue plus profonde et plus vive. En Dieu elle voit mieux la toute-puissance, la bonté, la sainteté, elle voit cela plus à fond, et comme chose plus réelle, plus concrète, plus vivante. En l'homme, elle voit mieux le péché : elle en connaît plus à fond l'horreur. Et elle a ce qu'aucune morale ne peut avoir : on trouve dans la religion, la purification y V ex /nation y le sacrifice, au sens littéral du mot, avec la sanctifiration^ qui sépare homjnes et choses, les tire de la ma>se, les reserve : pour quoi ? pour les consacrer à