‹ Le prix de la vieChapitre 84 sur 108 · LA RELIGION. SST · texte numérisé non relu

LA RELIGION. SST

Dieu : tout cela ayant pour objet en définitive de réconcilier l'homme pécheur avec Dieu et de /'unir à [)ieu.

Et dès là la religion unit les hommes entre eux comme ne le peut faire la pure morale. Elle a des fêtes, au sens propre, des fêtes eu l'honneur de la Divinité, qui toujours rapprochent les hommes, qui toujours établissent entre les hommes une unanimité intellectuelle, inorale, qui les font penser, prier, parler, chanter, marcher ensemble, de concert. Ce sont des processions, des théories sacrées, des chœurs, des repas, une commune participation à un même sacrifice.

Puis, la religion apporte aux douleurs une consolation plus intime que ne le peut faire la morale ou la philosophie.

Eiilin, elle donne à l'âme une force dont ni la morale ni la philosophie n'ont le secret. Dans le Christiainsme cette force se nomme la grâce : nom excellent q^ii en marque admirablement la douceur et l'enjpire en même temps que l'origine «^ans une surab«»ijdiinie effusion de la divine bonté *

1. 'Vous verntos, dans le chapitre stiivanl, l'exacte sigDiBcatioo 4u ujoi (//"'" 'I >i)^ la Un^'ue cûrelieQoe.

338 CHAPITRK XIVl.

Il esl de l'essence de la religion d'êire fortifiante» d'aller jusqu'à l'âme, jusqu'au vouloir intime pour y mettre la force. C'est une prière impie que celle du poète disant à Jupiter : Donnez-moi la vie, donnez-moi les richesses; pour l'ég-alilé de l'âme, je saurai bien me la procurer moi-même :

Det vitam, det opes : sequum mi aDimum ipse parabo^

L'âme religieuse demande à Dieu la force de vouloir, la force d'aimer, la force d'âme; et, daffs le vieil Homère, Pallas met dans les esprits la sagesse, la pensée bonne, la botine volonté. De même Pindare célèbre la faveur divine qui fait fleurir dans le cœur des mortels la sagesse et le génie*.

Or, la religion, pour purifier, pour sanctifier, pour fortifier aussi, a recojirs à des rites. Elle emploie, par ses fins spirituelles et divines, des choses matérielles. Les incantations et les formules magiques sont les contrefaçons de ses rites. Tant il esl vrai que Tliomme ne saurait se

1, llorare, I Epîtres, xvm, 101.

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