‹ Le prix de la vieChapitre 93 sur 108 · Saysse, ii · texte numérisé non relu

Saysse, ii

3. SaïQl Paul, Colos., i, 24 : « Adimpieo ea quas désuni pas* lioDum <>hrisli »

4. Sailli Paul, Galat., ii, 19 : « Chnsto cunfiius ^niD cruci. »> — If)id., V, 24 : « Caruem suam crucitlieruai cuoi viliis et coocupiscentiis. »

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L'esprit chrétien est donc bien un esprit de sacrifice, et à un degré de profondeur inouï. La voilà bien sérieuse, bien sévère, parfois bien dure, la vie chrétienne. Qui ne veut pas la voir sous cet aspect ne la connaît pas.

Elle a ses douceurs aussi. Jésus -Christ luimême y répand un baume- dont lai seul a le secret. Il a souffert, on souffre avec lui. Cela dit beaucoup. On aime, et là où l'on aime, point Ton ne peine, ou, si Ton peine, on aime sa peine. Ubi amatur^ non laboratur^ aut, si laboratur, labor amatur^. Et d'ailleurs, qui perd son âme, la gagne. Qui sait mourir, vit de la vraie vie.

La loi du renoncement unie à la loi d'amour, impliquée dans la loi d amour, domine, comme la loi d'amour, toute la vie chrétienne. Mais dans la conduite de la vie il y a néanmoins à distinguer entre les préceptes et les conseils^ entre la voie commune et la voie de la perfection. Les préceptes, qui renferment et prescrivent l'essentiel, ne souffrent ni exception ni réserve quelconque ; les conseils, qui expriment une sorte

\. Saint Augustin, De bono viduitatis, 26.

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de surcroît, de surabondance, de merveilleux superflu, si j*ose dire, s'adressent à quelquesuns seulement, et ils sont engageants, pressants même, impérieux encore, mais à leur manière, à la manière de Tamour délicat et généreux. C'est un danger d'exiger trap des âmes, au nom du précepte strict. Il faut laisser quelque chose à la générosité de chacun. Dieu ne commande pas toujours expressément: il demande, il sollicite presque, attendant de notre libéralité que nous lui donnions quand il n'exige plus, que nous fassions quelque chose pour lui quand il ne commande plus. La voie commune, qui n'est d'ailleurs pas aisée, est celle où tous doivent marcher, sous peine de n'être plus disciples du Christ : refuser d'y entrer, d'y avancer, ce serait renier le Christ; il faut donc que tous observent Jes commandements stricts et en fassent, coûte que coûte, l'inviolable règle de leurs jugements, de leurs sentiments, de leur vouloir, de toute leur activité. Rien n'en dispense personne. C'est l'essentiel : de plus hautes aspirations ne permettent pas de s'en passer, et la vertu la plus médiocre doit au moins y atteindre. Il y aura donc des chrétiens ordinaires, et des chrétiens

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plus élevés, et des saints proprement dits. La perfection n'est pas demandée à tous. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. C'est catégorique. Si tu veux être parfait^ va, vends ton bien et donne-le aux pauvres^ . La perfection n'est ni exigible ni exigée. Il faut là un appel particulier. N'y pas répondre quand il est net et pressant, ce sera marquer peu d'amour. Ce n'est certes pas indifférente Mais enfin, le conseil en soi n'est pas le précepte.

En approfondissant encore la vie chrétienne, nous distinguerons entre les états et les vertus. Tel état est plus excellent, mais telle personne y peut avoir une vertu médiocre. Tel autre état est moindre en dignité, mais tel chrétien qui y est à sa place y peut pratiquer une vertu éminente. « L'excellence du chemin ne rend pas excellents les voyageurs, ains leur vitesse et agilité* ».

Une autre distinction, très importante, c'est

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