Albertls m. Topic, lib. I, tract. III, cap. III
186 CRiriQUE DE LA PROBABILITÉ COMPARÉE
partie formelle de l'opinion. Et lorsque nous aurons ajouté qu'il se présente principalement sous la forme de -conclusions opposées qui se neutralisent, nous le comprendrons mieux encore. Sans doute, une opinion peut être ordonnée à une recherche ou à une fin ultérieure ; mais dans ce cas, il ne s'agit plus de parfaire son œuvre propre et spécifique.
Bien d'autres inconvénients encore se présentent si l'on admet que l'opinion motivée et raisonnée n'est pas solitaire et exclusive de sa nature. En effet, cette supposition faite, on ne voit plus comment le raisonnement dialectique conserve quelque efficacité. Avec deux conclusions valables, nous avons deux jugements parallèles, en quelque sorte, et dont aucun ne mord sur l'autre. Dans ces conditions la dialectique n'a plus guère de sens ni de portée. Elle a pour but unique l'opinion : finis dialecticse dispatationis est fides vel opinio '. Or le moyen fondamental dont le dialecticien dispose dans la réfutation n'est autre que le syllogisme contraire : licel solvere contrario syllogismo *, dit Aristote. Or un tel syllogisme par le fait même qu'il aboutit à une conclusion reconnue légigitime ruine l'opinion contraire ; car, dans ces conditions, il a toujours, pour le moins, le résultat de créer le doute.
Le raisonnement sophistique, en matière de probabilité ne produit qu'un doute menteur et captieux : mentiens dubitatio. 11 ne repose que sur des faux semblants de probabilité Et pourtant il peut faire illusion