‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 109 sur 162 · Aristotei.es. Rhetor. lib. II, cap. XXV · texte numérisé non relu

Aristotei.es. Rhetor. lib. II, cap. XXV

DE LA COMPARAISO^f DES OPIÎÏIOl^S ENTRE ELLES 1 87

au point d'être fatal à Topinion contraire : propter apparentiam fit dabilaiio ligans mentem *. A combien plus forte raison, le même phénomène se produira-t-il, s'il n'est plus question d'apparences trompeuses et sophistiques, mais de considérations de réelle valeur, acceptées comme telles par l'adversaiie et l'opinant lui-même. Si à défaut d'une action destructive plus complète, on ne reconnaît même pas au syllogisme contraire le degré d'efficacité dont nous parlons, quelle pourra bien être son utilité?

Quant à dire que sa véritable force d'élimination résidera dans une conclusion d'une probabililéplus grande, ce n'est pas une solution plus heureuse de la difficulté. On aurait ainsi, pense-t-on, deux opinions contraires coexistantes jusqu'à concurrence d'un degré supérieur de probabilité de l'une d'elles : degré qui aurait pour effet d'annuler l'autre opinion en vertu même de sa supériorité. L'efficacité du raisonnement dialectique serait ainsi sauvegardée dans une certaine mesure : tout son effort consisterait à produire un degré supérieur de vraisemblance qui aurait naturellement pour résultat d'évincer et de déposséder l'adversaire.

Nous verrons plus tard ce qu'il faut penser du plus et du moins en pareille matière. Admettons-en la possibilité. Les conséquences qu'on veut en tirer ne sont nullement contenues dans les prémisses. Laissant de côté tout ce que cette conception de la dialectique aurait de nouveau et de bizarre, nous nous bornerons à la remarque suivante. Ce n'est pas précisément en vertu d'un degré

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