St TiioMAS, Summ. theol , 1' p., quaest. VI, art. II
saffil pour établir une comparaison que les deux termes soient compris dans le même genre ».
Le texte en question n'a pas du tout le sens ni la portée qu'on lui donne. Sans doute l'appartenance à un même genre est une première condition nécessaire pour opérer un rapprochement entre deux choses. Ainsi on ne dira pas de la douceur qu'elle est plus grande qu'une ligne donnée. Mais si la communauté de genre est requise pour la comparaison, l'élément générique, en tant qu'il est commun, univoque et abstrait, ne peut en être la matière ni la raison formelle ; car nous n'avons, de ce chef, aucune différenciation de termes. Tout ce que nous pouvons faire, dans ce cas, c'est de comparer le même au même, ce qui n'est pas une opération réelle. La comparaison suppose une distinction entre les deux termes. Ce qui n'a pas lieu pour la forme générique considérée comme telle. Si maintenant on la considère dans la réalité spécifique ou individuelle, elle perd son caractère commun et attribuable à plusieurs ; elle est hétéromorphe dans chaque sujet : secundum unumquodque est altéra et altera\ avons-nous dit avec Aristote. Ce n'est plus à une forme générique que nous avons affaire, mais bien à une formation spécifiquement ou individuellement déterminée.
Telle est la vraie raison pour laquelle la comparaison n'a lieu qu'entre deux choses de même espèce. Et encore est-il nécessaire, pour la comparaison en plus et moins, que la forme ou qualité dont il s'agit soit susceptible de divers degrés intensifs. C'est ainsi qn'une conclusion probable l'est plus ou moins, selon la force ou le nombre des moyens auxquels elle est soumise.