‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 123 sur 162 · St Thomas. Summ. theohg., I. II, quaest. LU. art. I · texte numérisé non relu

St Thomas. Summ. theohg., I. II, quaest. LU. art. I

DEGRÉS DE L\ PhOBABILITÉ 214

Tout ce qui lui est permis de faire, c'est de fortifier ou de multiplier les causes ou les moyens qui servent à établir la probabilité de ce même objet. C'est ainsi qu'elle devient susceptible de plus et de moins. Le moyen nécessaire n'est pas divisible en degrés relativement à une même conclusion ; mais il existe une échelle de valeur des raisons probables. C'est pourquoi un jugement d'opinion, en tant que motivé ou conditionné par tel ou tel moyen, apparaît avec une probabilité plus ou moins grande. Nous avons ainsi une même conclusion, un même objet possédant une qualité à un degré plus ou moins élevé. Tout dépend des raisons plus ou moins nombreuses, plus ou moins fortes qui éclairent cet objet, commandent cette conclusion : secundum quod plara vel pauciora, magis ant piinas probabilia média concurriint \ C'est la seule manier'^ rationnelle d'établir des degrés dans l'opinion probable. Les anciens n'en connaissaientpas d'autres; ils étaient tit»p bons philosophes pour additionner des valeurs de dilférente nature.

En résumé, l'opinion occupe une position intermédiaire entre les états desprit qui lui sont inférieurs et la science. Sa perfection consiste à se rapprocher de cette dernière le plus possible ; c'est-à-dire des éléments et des procédés de la démonstration. C'est ce qui la rend susceptible de différents degrés : tout en restant la même en susbtance. La probabili'i'; peut grandir selon qu'elle se trouve conditionnée par des raisons progressivement supérieures et plus voisines de la science. On peut voir par là, une fois de plus, que si l'identité spécifique de nature est la pre-

Page 1