Aliîrtus m. MeUtphysicor., lib. X, tract. I, cap. IV
•ensemble. C'est donc en s'éloignant ou se purifiant du contraire qu'une qualité pourra se développer et grandir. Mais cette purification, on le voit, se distingue à peine de l'augmentation par rapprochement de la forme ou qualité à sa plus haute expression. Quant aux contraires qui ne sont que privation ou négation comme le mal, le faux, par rapport au bien et au vrai, leur mélange ne se conçoit pas. Le plus et le moins ne peuvent donc y être le résultat de la présence ou de l'absence de la qualité opposée. Par ailleurs, le faux et le mal n'ont pas un dernier terme positif qui leur serve de point de comparaison ou d'unité de mesure : non habent ad quod accédante C'est donc seulement par leur éloignement plus ou moins considérable du vrai et du bien, qu'ils prennent différents degrés.
Il nous reste maintenant à examiner si ces procédés d'après lesquels le plus et le moins s'établissent entre les choses, sont applicables au cas de deux opinions probables contraires. Ils ne le sont d'aucune manière. Ils -mettent plutôt, en bonne lumière, l'impossibilité d'un rapport en plus et moins, en semblable matière. Dans deux opinions contraires répondant à la même question, nous avons un seul et même sujet et deux prédicats opposés. C'est ce qu'il importe de ne jamais perdre de vue. Or, admettre le plus et le moins, en pareil cas, c'est, d'après les principes que nous venons de rappeler, tenir qu'une chose peut être à la fois, plus et moins proche d'un point donné ; que soumise à une même mesure, elle donne en quantité des résultats différents. Et