‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 126 sur 162 · ALBEKTts M. De sex principiis, tract. VIII, cap. II · texte numérisé non relu

ALBEKTts M. De sex principiis, tract. VIII, cap. II

comme la comparaison de supériorité et d'infériorité a son fondement et sa raison dans l'excès d'une valeur sur une autre, et qu'elle exprime, par conséquent, un rapport de grand à petit, de beaucoup à peu, d'excès à défaut, on devra appliquer en même temps ces divers qualificatifs au même objet. Autant de choses qui impliquent contradiction.

On objecte : 1° que les prédicats contraires sont appliqués au même sujet, il est vrai, mais successivement : ce qui n'est pas du tout contradictoire en matière contingente.

Nous avons déjà répondu à cette difQculté. Ou par cette attribution successive, nous abandonnons l'opinion précédente : et dans ce cas, nous sortons de l'hypothèse présente et rentrons dans la vérité concernant la coexistence possible de deux opinions sur le même point. Ou nous laissons toute sa valeur au premier jugement et, dans ces conditions, une succession de temps importe bien peu. Elle ne supprime en rien la contradiction. Celle-ci existe aussi bien entre les tendances ou habitas qu'entre les actes. Ce qui n'est pas concevable en acte, ne l'est pas moins à l'état d'inclination ou de disposition d'esprit. C'est pourquoi saint Thomas enseigne qu'une raison sophistique peut être fatale à une opinion passée à l'état d'habitude intellectuelle : per falsam rationem potest corrumpi habitas verse opinionis '. Comme nous l'avons fait remarquer déjà, on n'échappe pas à cette conclusion en disant avec Croix qu'en embrassant une opinion, on ne peut, sans doute, réaliser l'autre effectivement ; car notre esprit ne saurait être en même temps le sujet

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