St Thomas. Summ. theolog., I-II, quasst. LUI, art. I
de deux déterminations en sens inverse ; mais que rien n'empêclie, en pareil cas, de tenir par un acte réflexe et théoriquement l'autre partie de la contradiction comme susceptible d'une adhésion prudente. C'est toujours la même équivoque. On ne supprime pas une opposition, en la présentant à l'état virtuel ou d'acte premier. Il n'en reste pas moins vrai, dans notre cas, que nous jugeons un même objet en même temps et sous le même rapport comme passible d'assentiments et d'attribution opposés. L'adhésion donnée de fait à l'une des deux parties est ici chose toute secondaire et accidentelle : elle laisse subsister entièrement l'apposition qui résulte de la nature même des choses en question.
Qn insiste en disant : i'^ Etre apparent ou vraisemblable, ce n'est pas être absolument — simpliciter — mais seulement sous un certain rapport-sccundum quid : ce qui ne saurait entraîner une véritable contradiction. Or c'est précisément le cas de deux opinions pj'obables. Elles n'affirment et ne nient qu'en fonction d'une vraisemblance qui peut se vérifier des deux parties de la contradiction. Le jugement, dans ces conditions, n'a rien d'absolu et, comme tel, laisse place au jugement contraire.
Nous l'avons dit maintes fois : en pareil cas, c'est au doute que nous avons abouti et non à l'opinion. La question n'est pas résolue. Ensuite l'opposition qui porte sur un aspect particulier seulement, peut tout aussi bien fonder une contradiction que celle qui porte sur l'être pur et simple. Il est un aphorisme scolastique qui trouve ici toute son application : sicut se habet simpliciter ad simpliciter, ita secundum quid ad secundum quid. Ainsi, dire d'un seul et même objet : videtur — non videtur — entraîne une contradiction aussi flagrante que s'il s'agissait
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d'un absolu. Ensuite toute opposition de contrariété tire son pouvoir d'exclusion de la contradiction qu'elle implique, et à laquelle elle se ramène nécessairement. C'est ce qui a lieu pour deux opinions contraires. Participant à la nature de la contradiction, elles reviennent à dire d'un même objet qu'il est et n'est pas en même temps apparent ou vraisemblable.
2° La probabilité caractérise le mode de liaison qui existe entre le prédicat et le sujet dans un jugement d'opinion. Or rien n'empêche que cette liaison soit plus ou moins ferme et étroite dans une opinion que dans l'autre. Il suffit pour cela d'une différence de valeur dans les moyens termes.
Rappelons, tout d'abord, qu'il s'agit de deux opinions contraires, et, partant, conditionnées par des moyens dont l'opposition n'est pas moins directe. Mais nous les avons suffisamment envisagées à ce point de vue. Quant au probable, considéré comme mode particulier du rapport qui existe entre le prédicat et le sujet d'un jugement d'opinion, il ne sera pas inutile d'ajouter ici quelques observations à celles que nous avons eu déjà occasion de faire. La qualification modale insérée dans une proposition n'en change nullement le fond ou la substance. C'est ce que les logiciens scolastiques exprimaient en disant : Veritas « modalis » probatur et regulatur per veritatem propositionis de inesse \ C'est à-dire que le mode tient toute sa raison d'être et sa vérité de renonciation pure et simple. C'est parce que le prédicat convient au sujet, dans son contenu et sa signification réelle, ui esse, que la pro-