JoAXNES A. Sx Th. Logic, I, p. lib. Il, cap. XXU
position simple exprime la vérité de la chose, et qu'à ce titre, elle peut jouer le rôle de sujet dans une proposition modale : ou, en d'autres termes, qu'elle peut être modifiée. Il suit de là qu'en pareille matière, la vérité de la proposition simple — de inesse — reste à la base de tout. C'est à elle qu'il faut tout ramener pour se rendre compte de la portée d'une addition modale. En un mot, on ne peut établir ni qualifier la forme particulière du rapport entre le prédicat et le sujet en faisant abstraction du fond des choses. Le mode n'a ni existence ni vérité par lui-même. Ces considérations peuvent s'appliquer, avec profit, à toutes les questions où le mode probable intervient ; car, toutes, elles se ramènent à la question fondamentale qui se pose relativement à la connexion réelle entre le prédicat et le sujet : nous disons réelle, c'est à-dire concernant le prédicat et le sujet envisagés dans leur contenu d'être, de première intention et non purement logique. Prenons de tout ceci comme exemple cette conclusion : Ce Contrat est probablement illicite. Pour savoir si ce jugement est contraire à celui qui le déclare licite, il est avant tout requis de comparer les deux prédicats entre eux et de les rapporter au même sujet dans leur contenu réel, c'est-àdire de faire porter la comparaison sur les choses ellesmêmes. Si une incompatibilité d'être existe entre elles, la qualification modale n'en changera pas la nature : elle ne fait que la rendre explicite dans la forme. Ce n'est pas parce que le mot probablement se rencontrera dans les deux propositions qu'un rapprochement s'opérera entre elles. Non, les deux jugements resteront en opposition substantielle de contrariété. Car, encore une fois, le mode de liaison exprimé n'a d'autre fondement ni d'autre vérité que la convenance ou le désaccord des choses elles-
mêmes. C'est ce qu'on oublie en comparant deux opi- ' nions entre elles, sous le rapport d\ine probabilité indéterminée quant à son espèce : d'une probabilité qui n'est achevée ou déterminée par aucune dilTérence. On viole ainsi une des conditions essentielles de la comparaison, qui exige des termes distincts et nettement spécifiés : Jînita in ierminis. En se tenant sur le terrain d'une probabilité sans détermination spécifique, on ne s'aperçoit pas qu'on essaye de rapprocher et de concilier des choses inconciliables.
C'est toujours à l'identité spécifique de nature ou de qualité qu'il faut en revenir dans ces questions : elle est la première condition à réaliser pour les choses comparables. Celles qui sont données comme susceptibles de plus et de moins l'exigent avec plus de rigueur encore. Les degrés qui peuvent s'y trouver supposent essentiellement une homogénéité de nature : avec des éléments disparates le plus et le moins n'ont plus de sens pas plus que l'addition prise dans sa signification propre. Or les opinions contraires sur un même objet sont plus que disparates. Qu'on les prenne en elles-mêmes ou dans leurs causes et motifs, c'est partout la même opposition, la même incompatibilité. Dans leurs causes, la contrariété peut paraître moins sensible ; mais elle n'en est pas moins opérante. Elle atteint ses dernières limites dans les jugements explicitement formulés ou tout au moins reconnus tous deux digues d'assentiment : car ils ne représentent rien autre au fond que l'attribution de prédicats contraires à un seul et même sujet. Ce qui est inconcevable, à moins qu'on ne confonde le probable avec leur contingent possible ou que l'on n'en fasse qu'une simple limition de ce dernier, sans vertu déterminante actuelle, contraire-
ment à ce que le mot lui-même porte et signifie, et tant d'autres raisons.