‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 129 sur 162 · DE LA VALEUR SCIENTIFIQUE DES DEGRES DE PHOBABILITE · texte numérisé non relu

DE LA VALEUR SCIENTIFIQUE DES DEGRES DE PHOBABILITE

Supposition faite de la probabilité plus ou moins grande de deux opinions contraires, on peut se demander quelle serait la portée ou la valeur du plus et du moins en pareille matière. Ces degrés divers ont-ils assez de consistance et de fixité objectives pour être envisagés scientifiquement et se prêter à une systématisation doctrinale ? C'est ce qu'il nous reste à examiner.

Voyons tout d'abord ce que les degrés en question représentent dans la catégorie de l'être. Prenons le nom d'une chose au positif : ce qui est exprimé ou désigné dans ce cas, c'est la substance même de la chose : id cul imponilur nomen, est significaia substantia ipsius '. La première dénomination des choses ne se fait jamais qu'au positif ; car la comparaison n'est pas un acte primitif de notre esprit. Un premier concept ne saurait donc qualifier un objet relativement : il le désigne d'une manière absolue, cest-à-dire sans aucun rapport à autre chose.

Ces notions trouvent tout naturellement leur application au probable. Dans son sens courant et positif, ce mot signifie la substance même de la cliose — signi/îcat t^eisubstantiam — c'est-à-dire ce qui est le fondement, le premier sujet d'attribution de toutes les modifications ultérieures que la chose peut subir. Ainsi les degrés intensifs qui peuvent se présenter, jouent le rôle de modalités accidentelles

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