‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 130 sur 162 · Albertls m. Lib. dé Prxdicam. Tract. I, cap. II · texte numérisé non relu

Albertls m. Lib. dé Prxdicam. Tract. I, cap. II

222 CHiriQUE DE LA PROBABILITÉ COMPAKÉli

par rapport à la donnée première et substantielle ; nous insistons sur ce caractère de fondement et de substance qu'il convient de reconnaître à une qualité considérée eu elle-même dans sa simple expression. Ce c'est point là une distinction arbitraire : elle a sa raison d'être, même en dehors du prédicament de substance. 11 est fréquent, comme le fait observer saint Thomas, de prendre des différences purement accidentelles comme données fondamentales en guise de substance : loco substantialium '. Et cela, en tant que ces différences représentent les éléments essentiels de la chose. Ainsi en est-il du probable dans la mesure où il désigne une qualité d'une manière absolue et positive. Dans ce cas, en effet, il représente les principes constitutifs et essentiels de la probabilité ; il en évoque la substance, c'est-à-dire la notion médullaire et spécifique qui sert de fondement et de premier support à toutes les modifications ultérieures et secondaires.

Il résulte de tout ceci qu'un degré intensif de probabilité joue le rôle d'accident par rapport à la substance de la chose elle-même. Et encore ne peut-il être question, dans notre cas, d'un accident absolu, mais seulement relatif. Une opinion plus probable est essentiellement telle par comparaison avec une autre. Elle n'est pas dite plus grande par un caractère intrinsèque sans rapport avec autre chose. Non, c'est dans la dépendance même d'une autre chose qu'elle trouve son degré particulier de qualification : quod majus est alterius est ^ C'est pour cela qu'un même sujet envisagé relativement est susceptible d'attributions contraires : il peut être qualifié grand

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