‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 131 sur 162 · ÂLBBRTCS M. De Prœdicamentis, tract. IV. cap. III · texte numérisé non relu

ÂLBBRTCS M. De Prœdicamentis, tract. IV. cap. III

OU petit selon le terme de comparaison auquel il est rapporté : ce qui n'est pas concevable pour une chose considérée absolument, sans relation à d'autres objets.

La question qui se pose maintenant est de savoir quelle est la valeur ou la portée scientifique des degrés de probabilité. Peuvent-ils revêtir un caractère suffisant de consistance objective et impersonnelle pour se prêter à une systématisation doctrinale ? Il n'est pas possible de l'admettre. Tout d'abord la question ne se pose même pas, du moment que l'opinion est rendue à son véritable sens. Alors plus de coexistence possible de deux opinions contraires. L'opinion est « uniquement probable » ou elle n'est pas. La question de plus et de moins se trouve ainsi radicalement supprimée. C'est la conséquence de l'abandon total de l'autre partie delà contradiction, sans lequel l'opinion ne peut rationnellement se constituer ni se concevoir.

Mais les degrés de qualification en plus et en moins n'ont-ils point, par contre, leur application à l'état de soupçon ou de simple conjecture ? La définition qui en est donnée semble nous autoriser à le croire : il y est question d'une inclination plus prononcée d'un côté que de l'autre ; ce qui implique manifestement comparaison et rapport de supériorité et d'infériorité entre deux objets. Nous avons expliqué plus haut le sujet et la portée de cette comparaison. Nous n'y reviendrons ici que pour rappeler le caractère tout provisoire des attributions faites durant la période de délibération et de recherche qui précède le jugement d'opinion ; tout y revêt la forme d'essai, de tentative et par conséquent tout y est subordonné à la conclusion, à l'événement. C'est la probabilité douteuse.

Rien n'est donc objectivement moins fixe, moins consistant que les qualifications faites dans des conditions pareilles. Elles ne sauraient fournir la matière d'un système ou édifice doctrinal : la détermination et la permanence requises pour cela faisant totalement défaut. C'est un sable bien mouvant pour bâtir. C'est pourtant sur un fondement de cette nature que reposent la plupart des solutions systématiques du problème de la probalité morale ; car la théorie, suivant laquelle l'opinion laisse une place plus ou moins grande à son contraire, correspond exactement à la définition que saint Thomas, Arisiote et tant d'autres nous donnent du soupçon : elle en comporte toute la débilité, l'indétermination et tous les inconvénients. On peut appliquer aux degrés de qualification dont les auteurs dont nous parlons font état dans les conditions dont il s'agit, ce que saint Thomas dit de l'être accldenlel. 11 n'est retenu, dit-il, par aucune «cience dans des déterminations doctrinales : ensper accidens non cadlt siib arle \

Cela ne veut pas dire que les accidents soient exclus de l'objet de la science, ni qu'on ne puisse les prendre ■comme matière de raisonnement ni de recherche scientifique. Non, ce n'est pas là ce que veut dire le saint Docteur. Les paroles doivent s'entendre de l'être qui est le résultat d'une cause accidentelle, ce qui estbien différent. Nous ne prétendons pas non plus que les degrés de probabilité dans deux opinions contraires, supposition faite de leur possibilité, relèvent à proprement parler de Z'acctdentel. Nous prétendons seulement que les raisons que

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