‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 136 sur 162 · Albertus m. De Prœdicamentis, tract. V, cap. XII · texte numérisé non relu

Albertus m. De Prœdicamentis, tract. V, cap. XII

En résumé, les degrés de probabilité n'ont de sens philosophique que relativement à un seul et même jugement. Il existe une sorte de hiérarchie ou échelle de valeur des raisons probables. De là vient qu'un jugement en tant que motivé ou conditionné par tel ou tel moyen peut apparaître avec une probabilité plus ou moins grande. Nous avons ainsi un même objet qui possède une propriété à un plus haut degré qu'auparavant. Tout dépend des raisons plus ou moins nombreuses, plus ou moins fortes qui commandent la conclusion et l'assentiment : seciindum qiiod plura vel pauciora magis aut minus probo' hilia concumint '. C'est la seule manière rationnelle de marquer des degrés dans l'opinion. Les anciens n'en mentionnent pas d'autres. Ils étaient trop bons philosophes pour parler de rapport de plus et de moins entre des choses en opposition directe de nature et de qualité spécifiques.

Au fond de tout cela, nous ne saurions trop le redire, se trouve un concept inadéquat du probable. On le conçoit comme une simple limitation du possible ou de l'éventuel. Dans ces conditions, il est assez évident qu'on peut marquer des degrés divers, même par comparaison, dans la période de recherche. Celle-ci portant sur les deux parties de la contradiction, ce travail de limitation de la possibilité et de la contingence peut être plus ou moins avancé pour l'une que pour l'autre ; ce qui fournit m:itière à des degrés de qualification différents. Mais, dans ce cas, il ne saurait être question de probabilité ni d'opinion, sinon dans un sens tout à fait impropre ; car on n'est pas en

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