‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 139 sur 162 · Poster. Analytic, Lect. I · texte numérisé non relu

Poster. Analytic, Lect. I

3, — Ibid.

de \''J^:olr^■l'.;. Dans l'état d'esprit ainsi désigné, nous sortons de la neutralité du doute : nous penchons plus d'un côté que de l'autre : nous sommes portés vers une partie de la contradiction, sans cesser de subir l'attraction delà partie adverse. C'est, nous l'avons vu, ce qui est exprimé dans Aristote par ce mot littéralement intraduisible :

Le degré de connaissance dont il s'agit ici est facile à réaliser : il se présente avec des caractères distinctifs bien tranchés. Le seul point difficultueux, c'est d'en déterminer la valeur exacte. iSous venons de voir que saint Thomas n'y reconnaît point les éléments d'une véritable opinion, Aristote n'est pas moins explicite. Pour lui, une très grande différence existe entre le soupçon, ainsi compris, et l'opinion : différence qui consiste en ceci que le premier ne peut être transformé en foi ou croyance, tandis que l'opinion non seulement le peut, mais ne se conçoit pas autrement. Elle est nécessairement accompagnée de foi, de croyance ; fuies omnein opinionem sequilur '. La différence spécifique entre les deux états d'esprit en question tient donc tout entière dans ce mot : TZ'.ov.i. Nombreux sont les passages d 'Aristote où cette doctrine est formellement affirmée : nous eu avons rapporté quelques-uns : il est inutile d'y revenir.

Nous ferons seulement remarquer une fois de plus l'importance capitale de ces précisions. Elles nous montrent le point de brisure de la conception ancienne de la probabilité et de l'opinion, avec la conception actuelle. 11 n'est pas douteux que les auteurs modernes n'ont géné-

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