Stlvester Prieras. Surnma Verbam Opinio
en effet, dans cette convergence ou cet accord unanime des vraisemblances et, dans lui seul, la justification du jugement porté. Sans doute la détermination intellectuelle qu'il représente demeure essentiellement contingente : tout d'abord parce qu'elle laisse subsister la possibilité du contraire : ensuite parce qu'elle est fonclion d'un état de connaissance qui ne comprend aucun élément, aucune cause nécessaire. Sous ce rapport, il est atteint d'une faiblesse intrinsèque qui explique bien suffisamment ce qu'il a de craintif. Cependant il n'admet aucune puissance de simultanéité d'être autrement.
Après avoir étudié les caractères intrinsèques et constitutifs de l'opinion, dans la première partie de cet ouvrage, nous avons traité, dans la seconde, de la probabilité comparée. Voici, en abrégé, les principes et les conclusions qui se rapportent à cette dernière question. Deux opinions sur le même objet peuvent être données en fait. C'est ce qu'une expérience quotidienne nous apprend. Les Anciens ne l'ignoraient pas : c'est ainsi qu'ils ont envisagé bien souvent dans leurs Commentaires des u Topiques » le cas d'une divergence de vue entre les sages eux-mêmes en matière de probabilité : opi/iio qaihusdam crédita, qiilbiisdam extranea \ Mais l'interprétation doctrinale qu'ils donnaient de ce fait était bien différente de celle qui a prévalu plus tard. 11 ne pouvait en être autrement, étant donné l'idée qu'ils se faisaient de l'opinion. L'abandon