‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 143 sur 162 · Albertus m. Topic, lib. I, Tract. III. cap. III · texte numérisé non relu

Albertus m. Topic, lib. I, Tract. III. cap. III

total de l'autre partie de la contradiction étant, pour eux, un facteur essentiel de la genèse de l'opinion, ils ne pouvaient admettre, en droit, la compossibilité de deux opinions sur le même objet : les valider ou légitimer toutes deux, c'était retomber par là même, dans le doute ou le soupçon. C'est ainsi que la proposition dialectique, en tant que premier principe du raisonnement probable, perd cette qualité du moment qu'elle se trouve contredite par des opinants de même catégorie : ce dissentiment — dissensus altestationis \ — la fait passer au rang de problème dialectique : ce qui est la négation même de l'opinion.

Les mots eux-mêmes dont se servent les Anciens dans les cas de divergence dont il s'agit, sont bien digues de remarque ; ils disent : une opinion partagée par quelquesuns et étrangère à d'autres : extranca. Ce qui signifie qu'elles sont, par nature même, sans rapprochement, sans communion possible. C'est dans ce sens qu'en discussion dialectique, une opinion étrangère à quelqu'un, est synonyme d'improbable pour lui : c'est ce qui se vérifie même pour les sectes ou écoles diverses : singulis seclis est aliquid inoplnahile ciim ipsis sit extraneuin '. C'est ainsi également que démontrera l'adversaire que la position prise par lui l'amène logiquement à faire état de deux opininions contraires, c'est l'acculer à l'inconcevable en matière de probabilité : ad inopinabile. Et cela constitue un lieu de réfutation par opinions contraires :

1. — Ce n'est pas douteux en se plaçant sur le terrain du seul témoignage.

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