‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 144 sur 162 · Albertls m. Elenchor., Uh. I, Iract. V, cap. J · texte numérisé non relu

Albertls m. Elenchor., Uh. I, Iract. V, cap. J

RÉSUMÉ ET CONCLLSIONS 247

dacere per opiniones contrarias '. 11 est fondé sur le principe que l'adoption de l'une entraîne fatalement l'improbabilité de l'autre.

Or un tel procédé d'argumentation n'aurait aucun sens, aucune efficacité dans l'hypothèse de deux opinions contraires légitimes sur le même objet. Il serait non seulement facile mais encore obligatoire de répondre en pareil cas : vous ne prouvez qu'une chose, c'est que les deux opinions sont probables : ou bien encore : tout ce qui résulte de votre démonstration, c'est qu'il y a du plus et du moins dans la probabilité des opinions. Si, en effet, deux opinions contraires ne sont pas lu' suâ incompossibles €t destructives l'une de l'autre, la manière de raisonner en question est sans force, sans valeur aucune. C'est pourquoi les discussions d'après les systèmes modernes de probabilité sont si vaines dans leurs résultats. La coexistence de deux opinions contraires étant admise, en principe, le raisonnement y perd toute efQcacité intrinsèque : il n'aboutit, à vrai dire, le plus souvent, qu'à multiplier les opinions. Comme la conclusion à laquelle il conduit n'est pas exclusive, par elle-même, du contraire, on est tout naturellement porté à lui reconnaître quelque valeur : en d'autres, elle donne naissance à une opinion probable ou moins probable. Ainsi au lieu de résoudre ou de simplifier les questions, on ne fait que rééditer sous une forme plus complexe le problème, ^ont on avait entrepris la solution.

Il suit de tout cela que deux opinions contraires, données en fait, n'ont été possibles qu'en s'ignorant com-

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