AlbkrtusM. Ethicor., lib. VI, tract. III, cap. I
iqu'il nous apparaît dans la cause matérielle. Non, le probable est tout autre. Il représente le déterminé par rapport à cette cause matérielle, en étal de complète neutralité. Il est, tout d'abord, sous forme de moyen ou de raison, la puissance active, qui limite la contingence, jusqu'à autoriser un jugement d'inhérence actuelle : de in esse ut nunc. Nous avons alors une détermination intellectuelle qui n'est autre que l'opinion. C'est ainsi que le probable n'a rien de commun avec Is contingent possible, ni même avec une atténuation plus ou moins sensible de ce dernier. 11 n'existe qu'à l'état déterminant ou déterminé. C'est pourquoi, conçu en acte, il n'admet aucune puissance de simultanéité du contraire : une telle puissance est inconcevable. C'est parce qu'on a fait rendre au probable le sens du contingent possible, qu'on a pu s'imaginer le contraire.
Mais, nous l'avons dit : la raison probable ne représente pas le dernier degré de l'échelle des causes de la connaissance raisonnée. Après la dialectique vient la rhétorique. Celle-ci a pour formes propres de raisonnement, l'exemple et l'enthymème oratoire. Ils ne représentent, même comparativement à la dialectique, que des moyens tronqués et d'une efficacité fort réduite. Ils ne peuvent, par eux-mêmes, nous donner le probable ni l'opinion. Tout ce qu'ils peuvent faire, c'est de fonder une conjecture : ils ne rendent pas une conclusion ou une opinion probable mais simplement soupçonnable : non probabilis sed suspicabilis. C'est pourquoi c'est une vérité courante parmi les anciens commentateurs d'Aristote que de dire : Rhetorica suspicioni innititur '. Ces distinctions