Albeutus M. Prior. Analytic. tract. IV, cap I
les conditions en sont données. 11 n'y a de constant et, en un sens, d'universel, en ceci, que la tendance, l'adaptation initiale et natuielle de la cause à l'effet. 11 suffit qu'il y ait une défaillance possible dans la manifestation d'une loi, pour être en droit de lui attribuer une part de contingence. C'est pourquoi dans l'ordre naturel tel qu'il se déroule dans la réalité, la démonstration à priori d'un effet n'a rien d'absolu, le rapport de causalité n'étant pas de sa nature nécessaire et universel.
La démonstration a posteriori au contraire, y trouve place, et conclut nécessairement. C'est ce que saint Thomas enseigne avec exemple à l'appui dans le passage suivant : une olive étant donnée, dit-il, on peut en déduire la préexistence d'une graine ; mais le procédé inverse n'a rien de démonstratif, à proprement parler ; car la production du fruit, dans le cas, n'a rien d'infaillible. Bien des causes peuvent lui faire obstacle. En un mot, on ne peut inférer avec une absolue certitude un fait singulier de sa cause naturelle, la relation de celle-ci avec son effet n'étant pas nécessaire et universelle. Ce n'est qu'après avoir constaté que toutes les conditions sont posées, tous les obstacles écartés, qu'on peut obtenir une conclusion ferme concernant un fait individuel par un raisonnement a priori : removendo illa in quitus potest esse defeclus ', dit saint Thomas. Il s'ensuit que beaucoup de généralisations empiriques fondées sur des uniformités naturelles ne sont que généralement vraies : il faut en dire autant des conclusions qu'on en tire directement. Car la démonstration, en pareille matière, ne conduit qu'à une proposition vraie